La journée parfaite de Simon Gagné

Au grand bonheur de ce garçon, Simon Gagné... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Au grand bonheur de ce garçon, Simon Gagné a permis hier à plusieurs fans de hockey, qui s'étaient réunis pour l'occasion au Centre de ski Le Relais, de toucher la coupe Stanley.

Le Soleil, Patrice Laroche

<p>Kathleen Lavoie</p>

Kathleen Lavoie
Le Soleil

(Québec) Un mois presque jour pour jour après la conquête de la Coupe Stanley, Simon Gagné bénéficiait enfin de sa journée avec le précieux trophée, vendredi . Et c'est d'abord là où tout a commencé, dans la cour de la résidence familiale, qu'il a entrepris sa «journée parfaite» avec Lord Stanley.

C'est donc sur le rang Sainte-Anne, dans le quartier laurentien, derrière la maison où son père Pierre montait une petite patinoire chaque hiver, que Simon Gagné a décidé d'amorcer ses 24 heures avec la coupe Stanley.

«Il y a beaucoup d'émotions, aujourd'hui. Ça fait longtemps que j'en rêve. D'être ici aujourd'hui, de voir tout le monde, et la famille ce matin [vendredi]... J'ai eu la chance d'emmener la Coupe là où j'ai grandi, où j'ai donné mes premiers coups de patins. On en a joué des matchs de Coupe Stanley dans cette cour-là!» a indiqué l'attaquant des Kings de Los Angeles, qui avait d'abord été cueillir l'argenterie à l'aéroport, vers 7h30.

À la maison, le champion a retrouvé pas moins de 200 membres de sa famille, dont son garçon de trois ans et sa fillette de

16 mois, qui ont tous pu se faire photographier avec le trophée... Un exploit! Il a ensuite fait un arrêt chez Planchers bois franc Gagné, l'entreprise de son frère Jean-François, avant de faire son arrivée, sous escorte de la GRC, au Club de golf de la Faune, où se déroulait son tournoi annuel au profit de Leucan.

«C'était important pour moi de l'amener ici. Ça fait 10 années que je fais mon tournoi de golf ici et on a ramassé beaucoup d'argent pour Leucan. C'est une façon de les remercier d'avoir été fidèles avec nous autres au cours des 10 dernières années», a expliqué le numéro 12, avec qui tous les quatuors participants ont pu se faire photographier.

Gagné a ensuite accueilli une quarantaine de jeunes bénéficiaires des programmes de Leucan, qui ont également pu se faire tirer le portrait en compagnie du joueur étoile et du trophée. Ces deux derniers se sont ensuite déplacés vers le Centre de ski Le Relais, où le public était invité entre 16h et 17h30. Après une pause en fin de journée, l'attaquant des Kings retournait finalement à La Faune, où une petite fête privée était tenue sous un grand chapiteau blanc, en soirée.

Entouré de personnes qui lui sont chères, Simon Gagné mesurait mieux le chemin parcouru entre ses débuts sur glace et la victoire des Kings sur les Devils en finale, vendredi. Entre les deux, l'attaquant a été souvent malchanceux. Mais pas vendredi! Un magnifique vendredi... 13!

Sacrifices payants

«Juste d'en parler, je deviens émotif. Je pense aux moments que ç'a pris pour que je me rende dans la LNH, le support que j'ai eu de leur part. De ramener la Coupe aujourd'hui... Tous les sacrifices que j'ai faits paient. Je n'échangerais rien et je le referais encore, c'est certain. De leur bord, mes parents, ma femme, mon frère, ma famille, je leur dois un gros merci. Je sais que, quand c'était difficile pour moi, c'était peut-être encore plus difficile pour eux autres», a-t-il laissé entendre.

Gagné a pris soin de documenter les événements de vendredi à l'intention de ses enfants, mais aussi à la sienne, lui qui avouait avoir toujours de la difficulté à réaliser ce qui lui arrive.

«Quand tu remportes la Coupe, tu l'as cinq ou six minutes seulement. Après, tu es 20 joueurs à te la partager. Ça fait que c'est dur d'en profiter. Mais là, je le réalise vraiment que j'ai finalement gagné la Coupe Stanley!»

Jamais deux sans trois?

Après Patrice Bergeron avec les Bruins en 2011 et Simon Gagné avec les Kings en 2012, qui sera le prochain joueur de la LNH à ramener la coupe Stanley à Québec?

Le héros du jour n'a pas voulu se prononcer vendredi, affirmant que les deux formations étaient en bonne position de répéter l'exploit. «Boston, c'est une équipe dangereuse. Même la saison dernière, c'était une équipe très dangereuse, en saison. De notre côté, on est une équipe qui revient au complet. On a resigné nos joueurs qui étaient agents libres et qui auraient pu partir. Notre avantage, je crois, c'est qu'on n'a pas joué autant de matchs que Boston, qui avait joué trois septièmes matchs. [...] Ça fait qu'on ne sait jamais! Mais on l'espère. On va essayer de la garder à Québec pour des années à venir, si on peut», a espéré Gagné.

Et si le prochain récipiendaire de la Coupe Stanley de la région s'appelait plutôt Antoine Vermette et portait les couleurs des Nordiques de Québec? «Il faudrait que les Nordiques s'en viennent! Il commence à être tard! On est déjà rendus au mois de juillet, alors il faudrait que ça se fasse bientôt. Mais on l'espère! On espère qu'il y aura une équipe à Québec et que Québec la remporte un jour», a terminé Gagné.

Gagné soutient Bernier

Avant d'arriver à Québec, la coupe Stanley avait passé une journée avec le gardien auxiliaire des Kings, Jonathan Bernier, à Laval. Ce dernier avait profité de la présence des médias pour indiquer qu'il souhaitait être échangé. Si Simon Gagné comprend la décision de son coéquipier, qui veut sortir de l'ombre de Jonathan Quick, il s'en désole néanmoins. «C'est un bon ami à moi et c'est certain que j'aimerais qu'il reste avec nous autres. On n'a pas beaucoup de Québécois dans l'équipe. Ce serait plate de le voir partir. Mais d'un autre côté, je le comprends aussi. C'est un jeune gardien qui a beaucoup de potentiel, qui va être un numéro un dans la Ligue nationale. J'ai pratiqué beaucoup avec lui dans les mois qui ont précédé mon retour et il a un style qui est vraiment difficile à battre. Il fait penser un peu à Patrick Roy», a affirmé l'attaquant.

Pas jaloux, juste... envieux!

Il y a un an, ce n'était pas Simon Gagné qui festoyait dans la capitale avec la coupe Stanley, mais Patrice Bergeron (photo). Et l'attaquant des Kings admet aujourd'hui qu'il lui avait été difficile de voir son bon copain célébrer. «Tu ne veux pas être jaloux, parce que tu souhaites à tout le monde de la remporter et de vivre ce moment-là. Si tu demandes à chaque joueur dans la Ligue nationale, c'est leur rêve. J'étais content pour lui, mais en même temps, tu vois tout l'engouement et les beaux moments qu'il vit et tu espères que ça va t'arriver un jour. J'ai passé proche, j'y ai pensé beaucoup cette journée-là, quand je suis allé en finale de la Coupe Stanley avec Philadelphie. Je ne mentirais pas. J'avais pensé un petit peu à ce que je ferais lors de ma journée avec la Coupe. De planifier tout ça, la semaine passée et de voir que la coupe est finalement ici aujourd'hui [...], c'est l'fun», a avoué Gagné.

«Merci, Paul!»

Coloré personnage, le papa de Simon Gagné, Pierre, ne cachait pas sa joie de voir le duo père-fils mettre enfin la main sur «sa coupe», vendredi. Et il n'a pas hésité à remercier le directeur général des Flyers de Philadelphie, Paul Holmgren, qui avait échangé Simon au Lightning en 2010, de ce beau cadeau. «Quand Simon a été "remercié" par Paul Holmgren, qu'il est parti à Tampa Bay, ça lui a fait mal. Premièrement, parce qu'il aimait [Philadelphie] et qu'il était attaché au club. Mais aussi parce les gens l'aimaient là-bas. Ç'a été un choc pour lui. Ce qui le décevait, c'est qu'il se disait que dans un ou deux ans, les Flyers allaient gagner la Coupe Stanley. Finalement, un an plus tard, on se retrouve à Los Angeles. On ramène [les anciens Flyers] Carter, Richards, Williams, Hextall et Stevens et on gagne... Merci, Paul!»

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