«Des fois, il faut que je vérifie sur Internet. Je regarde les photos, pour m'assurer que c'est vraiment arrivé», rigole Gagné, plus de trois semaines après le triomphe des Kings en grande finale de la Ligue nationale de hockey (LNH), le
11 juin. «Ça fait 12 ans que je suis dans la Ligue, que j'essayais de me rendre là. C'est tellement difficile! Une fois que tu y parviens, c'est un sentiment incroyable.»
Un nuage de bonheur dont Gagné redescend peu à peu. Avant d'y regrimper vendredi prochain, le 13 juillet. Sa journée avec la coupe. «J'organise ça pour que tout soit parfait. Cette journée-là, c'est vraiment la plus belle où tu peux en profiter avec ta famille, tes parents, tes amis et tous ceux qui t'ont supporté durant toutes ces années», explique le natif de Sainte-Foy.
Après un arrêt à Laval auprès du gardien substitut Jonathan Bernier, le 12, le trophée de Lord Stanley prendra la route aérienne de Québec, le 13, dès 6h30. La matinée sera consacrée à un brunch familial, à Lac-Beauport. Puis le Précieux se déplacera au club de golf La Faune, à Charlesbourg, de 11h30 à 16h30, pour le tournoi annuel du numéro 12. Un bain de foule est ensuite prévu en fin de journée, mais les détails restent à être dévoilés.
Moment magique
Une expérience que Bergeron, de L'Ancienne-Lorette, a vécue le 7 août 2011. Un moment magique qui met le point final à plusieurs semaines de festivités. «Tu es sur un nuage, mais à un moment donné, tu dois tourner la page et passer à la prochaine saison. Ce n'est pas facile et cette journée-là sert à ça», explique le 37 de Boston, nommé cette année meilleur attaquant défensif de la LNH.
Quant à la guigne des champions - les derniers à gagner la Coupe deux fois de suite sont les Red Wings de 1997 et 1998 -, Bergeron croit qu'il s'agit davantage d'une croyance que d'un fait. «Les joueurs en entendent tellement parler que ça devient inconscient et c'est ce qui arrive. Mais nous, après 10 matchs [3-7-0] où on a mal commencé, on a connu le meilleur mois de novembre depuis longtemps [12-0-1]», fait-il valoir. Reste que moins de 11 mois après leur sacre, les Bruins étaient éliminés en première ronde, ce printemps.
Coïncidence? Gagné reprend l'entraînement la semaine prochaine. «Je n'ai pas vraiment eu de vacances, mais ça va être bon de recommencer. On dirait que quand tu t'entraînes, tu es moins fatigué.»
«Je m'étais rendu en finale avec Philadelphie [2010] et l'année d'après, les Flyers ont été éliminés en deuxième ronde [il jouait avec Tampa Bay]. Cette année, Boston a eu un début très lent. Je crois qu'avec les Kings, on a l'entraîneur [Darryl Sutter] pour nous repartir, avec sa motivation. Et on garde le même noyau de joueurs», s'encourage Gagné.
Pas inquiets du lock-out
Ni Simon Gagné ni Patrice Bergeron ne s'empêchent de dormir à la perspective d'un lock-out dans la LNH, la saison prochaine. «C'était pas mal plus inquiétant en 2004», reconnaît Gagné, à propos de la campagne 2004-2005 annulée par la LNH. «On avait été briefé durant deux ans avant comme quoi on devait se préparer, qu'on devait se mettre de l'argent de côté parce que ç'allait arriver. Si on a raté une saison parce que les propriétaires ne faisaient pas d'argent, ils doivent en faire aujourd'hui, avec les contrats qui viennent de se donner», constate l'ailier des Kings, au lendemain des signatures de Zach Parise et de Ryan Suter pour 98 millions $ sur 13 ans chacun avec le Wild du Minnesota. Sur l'ensemble de la LNH, 15 joueurs possèdent des contrats de 10 ans ou plus.
«On se rend compte à quel point la Ligue va bien en ce moment. J'ai confiance en Donald Fehr [patron de l'association des joueurs]», expose Bergeron. «Là, chaque fois qu'on voit Gary Bettman [commissaire] à la télé, il dit que la Ligue est en santé et que les revenus augmentent», renchérit Gagné. «Et si les revenus ne sont pas bons, maintenant, ce sont les joueurs qui payent. Comme mettons à Phoenix. . .» ajoute-t-il, sourire en coin, sans élaborer sur le cas des peut-être futurs Nordiques de Québec. Gagné, 32 ans, écoulera la deuxième de deux années d'un contrat de 7 millions $. Bergeron, 26 ans, en sera au deuxième de trois ans pour 15 millions $.