Coyotes: l'Institut Goldwater poursuit la Ville de Glendale

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Le Jobing.com Arena où évoluent les Coyotes, à Glendale

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Stéphanie Martin

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Le Goldwater Institute a mis sa menace à exécution et poursuit la Ville de Glendale pour invalider le vote sur l'entente avec l'acheteur potentiel des Coyotes de Phoenix.

Le groupe conservateur a déposé mercredi matin en Cour supérieure du comté de Maricopa une poursuite au nom de deux citoyens de Glendale, Ken Jones et Joe Cobb. Le juge Dean Fink entendra la cause le 19 juin à 10h30.

Il prétend que la Ville a omis de transmettre des documents importants pour l'analyse de l'entente de gestion de l'aréna Jobing.com acceptée par vote majoritaire du conseil municipal vendredi dernier.

Selon un ordre de la Cour datant de 2009, la Ville était obligée de rendre publics les documents au moins 24 heures avant la tenue d'un vote, rappelle l'institut par voie de communiqué. Cela n'a pas été fait vendredi dernier.

Entente de gestion

L'entente de gestion avec l'ex-président des Sharks de San Jose Greg Jamison - que l'institut évalue à 425 millions$ incluant les revenus de stationnement - ne peut pas être correctement analysée si le budget annuel de l'aréna ainsi que son rendement de gestion ne peuvent pas être consultés, argue la présidente du groupe, Darcy Olsen.

«Les registres publics de l'Arizona et la Open Meetings Law ne signifient rien si la Ville de Glendale peut s'en tirer avec une entente de 425 millions$ sans divulgation», écrit Mme Olsen.

L'avocat de la Ville de Glendale, Craig Tindall, a pour sa part affirmé lors de la séance spéciale que de tels documents n'existaient tout simplement pas.

L'institut allègue aussi dans sa poursuite que Glendale a violé sa propre charte en soumettant au vote une entente sans que la gestion de l'amphithéâtre ait été soumise à un processus d'appels d'offres en bonne et due forme.

Goldwater prétend de surcroît qu'avec un vote à quatre élus contre deux - la conseillère Norma Alvarez était absente -, Glendale n'avait pas la légitimité nécessaire. La charte de la Ville spécifie que dans le cas d'une mesure d'urgence, au moins cinq élus sur sept doivent l'approuver.

Si le tribunal donne raison à Goldwater, Glendale sera tenue de soumettre de nouveau l'entente au vote en présentant cette fois-ci toutes les pièces pertinentes, fait savoir l'institut.

Rappelons que Goldwater a déjà réussi à faire avorter une première vente des Coyotes à l'homme d'affaires Matthew Hulsizer en menaçant la Ville de poursuites judiciaires pour subvention illégale.

Un pacte de 20 ans

Le pacte de 20 ans signé avec Jamison prévoit une contribution financière de la Ville de 307 millions$ pour la gestion de l'édifice ainsi qu'un investissement municipal de 24 millions$ pour rénover l'aréna. Cela représente en moyenne 15 millions$ par année. En échange, Jamison s'engage à garder l'équipe dans le désert de l'Arizona pendant la durée de l'entente. Il consentira aussi environ 13 millions$ sur 20 ans pour le loyer, 60 millions$ en surcharge sur les billets et 15 % sur les droits de nommé, un montant estimé entre 4 et 10 millions$ en 20 ans. Les stationnements seront gérés par le groupe de Jamison.

L'entente est nécessaire à la conclusion de la vente des Coyotes. La semaine dernière, le commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, était présent à la séance spéciale du conseil et avait laissé entendre que l'incertitude sur la conclusion d'un pacte avec la Ville plaçait la Ligue dans une position «très difficile».

Joint par courriel mercredi, en fin de journée, le bras droit de M. Bettman, Bill Daly, n'a pas voulu commenter les derniers développements dans le dossier. «Pas de réaction à ce moment-ci. Nous prendrons du temps pour revoir et évaluer la plainte avant de faire quelque commentaire que ce soit.»

De son côté, la Ville de Glendale persiste et signe. Elle assure ne pas avoir commis de faux pas cette fois-ci. «Glendale maintient que l'entente de gestion respecte toutes les lois applicables. Cette entente procurera aux citoyens de Glendale le maximum de bénéfices qu'on peut tirer de l'aréna. Les arguments présentés à la Cour par le Goldwater Institute et les autres plaignants tentent d'invalider une décision prise par des représentants dûment élus par les citoyens», a fait savoir la Ville dans une déclaration transmise au Arizona Republic.

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