Survie des Coyotes: Glendale approuve l'entente de gestion

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Samuel Auger et Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Les élus municipaux ont approuvé hier après-midi l'entente de gestion entre la Ville de Glendale et l'acquéreur des Coyotes de Phoenix, Greg Jamison. Le vote est un jalon majeur dans le maintien de la franchise en Arizona pour les deux prochaines décennies.

Quatre des six élus municipaux ont voté pour l'entente de gestion. Comme anticipé, la mairesse de Glendale, Elaine Scruggs, a voté contre l'entente, estimant que les finances actuelles de la municipalité sont trop précaires.

Le pacte de 20 ans prévoit une contribution financière de la Ville de 307 millions $ pour la gestion de l'édifice ainsi qu'un investissement municipal de 24 millions $ pour rénover l'aréna. Cela représente en moyenne 15 millions $ par année. En échange, Jamison consentira environ 2,2 millions $ par année en paiement de loyer, taxes sur les billets et autres frais.

Le sort des Coyotes dans le désert n'est pas scellé pour autant. Le budget de Glendale doit être adopté mardi. Surtout, l'homme d'affaires Greg Jamison n'a toujours pas acheté la concession auprès de la Ligue nationale de hockey (LNH). Des informations publiées cette semaine par l'influent magazine Forbes laissaient entendre que l'éventuel propriétaire de l'équipe de hockey n'aurait pas encore réuni les 170 millions $ nécessaires.

Le commissaire Gary Bettman, son adjoint, Bill Daly, et l'acheteur potentiel Greg Jamison ont assisté au débat qui a précédé le vote. Les élus ont tour à tour fait revenir les experts, les avocats et les économistes, qui ont réexpliqué les tenants et aboutissants de l'entente entre la Ville et Greg Jamison pour la gestion de l'amphithéâtre.

Gary Bettman et Greg Jamison ont prononcé un court discours puis ont répondu aux questions des élus, recevant tour à tour les éloges des conseillers.

Premier à prendre la parole, Gary Bettman a clairement fait part de ses craintes que l'entente ne soit pas ratifiée. «Si rien n'est réglé d'ici quelques semaines, cela nous mettrait dans une position très difficile et incertaine.»

Il a soutenu avoir déployé tous les efforts pour trouver une solution en Arizona. «Nous n'avons pas envisagé d'autres alternatives parce que cela aurait nui à nos efforts ici. Alors, on espère que tout se règle. Pour reprendre le terme du poker, nous sommes prêts à nous mettre all-in pour conclure cet accord ici», a plaidé le commissaire, qui a insisté sur le fait que la Ligue voulait avoir des «certitudes de pouvoir aller de l'avant» et que cela est «extraordinairement important en ce moment».

Le commissaire a confirmé que l'entente entre la Ville et la Ligue expirait cinq jours après le dernier match des Coyotes, soit le 27 mai. La LNH a accordé un délai supplémentaire de 30 jours. Après cela, a admis Gary Bettman, «nous n'avons pas envisagé ce qui arrive si on ne peut pas conclure une nouvelle entente».

La mairesse en désaccord

La mairesse, Elaine Scruggs, a manifesté à plusieurs reprises son désaccord avec la proposition de Jamison. Mais c'est devant Gary Bettman qu'elle a exprimé le fond de sa pensée. Mme Scruggs a indiqué ses inquiétudes devant la situation financière de sa ville et expliqué qu'elle n'était pas contre les Coyotes. «Je pense que les Coyotes devraient être ici. Cette décision n'est pas prise en fonction des Coyotes, mais bien en fonction de la situation financière de la Ville. Une ville d'un quart de million d'habitants avec un fonds général qui est à moins de 2 millions $. Je ne peux pas prendre un engagement de 20 ans dans ces circonstances.»

Ce à quoi le commissaire a répliqué que la mairesse doit au contraire penser à l'avenir, à ses enfants et à ses petits-enfants. Car selon lui, «si vous avez un aréna, vous êtes mieux d'avoir une équipe dedans que de ne pas en avoir».

Gary Bettman s'est montré conciliant et a affirmé qu'il était prêt à faire des concessions au sujet du montant de 25 millions $ pour la gestion de l'aréna. Un montant que la Ville doit à la Ligue pour la dernière année.

Puis, ce fut au tour de Greg Jamison de s'adresser aux élus. Il les a assurés qu'il avait une grande confiance en l'avenir. «Je crois en l'entente, je crois en la ville de Glendale. Je suis impressionné par ce qu'elle a fait par le passé et par l'engagement qu'elle a pris à protéger son investissement.» Avant de se lancer dans l'aventure de l'achat des Coyotes, il a consulté Gary Bettman et lui a demandé s'il croyait en l'avenir de l'équipe dans le désert. «Sans aucun doute», s'est-il fait répondre. Le commissaire lui a donné sa bénédiction pour tenter sa chance, et lui a même refilé des numéros de téléphone, a-t-il révélé.

Appelé par la mairesse à nommer les investisseurs avec lesquels il fait affaire, Jamison a brièvement répondu : «Non, madame, pas maintenant.» Certains experts chuchotent que Jamison n'a pas encore réussi à réunir les fonds nécessaires à l'achat de l'équipe, soit les 170 millions $ demandés par la Ligue nationale. M. Jamison n'a pas davantage voulu s'avancer sur la date de l'achat final de l'équipe. «Nous travaillons en collaboration avec la Ligue nationale», s'est-il limité à dire.

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