La nouvelle est tombée tard en soirée, jeudi. Alors que tout pointait vers un dénouement dans la longue épopée de la vente des Coyotes, l'Institut Goldwater a choisi de tenter d'enrayer le processus.
Si cela fonctionne, ce pourrait être une bien mauvaise nouvelle pour Glendale, car la Ligue nationale de hockey (LNH) a donné un ultimatum à la Ville, qui se doit de régler l'entente ou l'équipe pourrait déménager. La date butoir était le 27 mai, mais Glendale aurait obtenu une prolongation de 30 jours, selon la journaliste Lisa Halverstadt, du Arizona Republic.
C'est l'avocat de la Ville, Craig Tindall, qui a révélé cette information.
«L'Institut Goldwater demandera une injonction pour empêcher la tenue du vote sur la gestion de l'aréna.» C'est le titre d'une courte note publiée sur le site Web de l'organisme et dans laquelle la présidente du groupe, Darcy Olsen, explique les raisons de cette action. Quelques heures plus tôt, le maire adjoint de Glendale, Steven Frate, avait pourtant affirmé : «Il y aura une conclusion demain [aujourd'hui] au sujet des Coyotes.»
La Ville de Glendale, explique Mme Olsen, était tenue par la Open Meeting Law de l'Arizona et par de multiples ordres de la Cour de rendre publics tous les documents reliés au contrat proposé. Et ce, au moins 24 heures avant qu'un vote ne soit tenu. «Cela n'a pas été fait.»
Le texte d'entente de 100 pages rendu public lundi dernier fait état de plusieurs autres documents, qui, selon l'Institut, sont centraux et nécessaires à la compréhension des enjeux et des répercussions sur les finances de la Ville. «La Ville doit les rendre publics», ajoute Mme Olsen. «Pour respecter les exigences de la Open Meeting Law, l'Institut Goldwater demandera une injonction temporaire pour empêcher le conseil municipal de Glendale de voter sur l'entente vendredi matin [ce matin].»
L'injonction sera demandée aujourd'hui à 8h30, heure de Phoenix, à la Cour supérieure du comté de Maricopa. Le vote du conseil municipal sur l'entente doit se tenir à 10h15, heure de Phoenix.
Une folle journée
Ces développements ont fait suite à une folle journée jeudi à Glendale, où les élus ont passé des heures à discuter de l'offre de Greg Jamison. D'abord en séance à huis clos, puis lors d'un conseil public, où des experts sont venus passer au peigne fin le contrat de gestion du Jobing.com Arena. Cette entente est la pièce maîtresse qui permettra la vente par la LNH des Coyotes de Phoenix au coût de 170 millions$.
Car, outre l'accord du Bureau des gouverneurs de la LNH, c'est de la bénédiction de la Ville de Glendale dont a besoin la Ligue pour que la transaction se réalise, avait annoncé le commissaire Gary Bettman, lors de son passage en Arizona le 7 mai dernier. Et selon The Globe and Mail, Gary Bettman et son bras droit, Bill Daly, devaient se rendre aujourd'hui à Glendale pour rencontrer les élus avant le vote. M. Daly n'a pas répondu aux nombreux courriels du Soleil, jeudi.
L'entente de 20 ans avec le futur propriétaire Greg Jamison, ex-président des Sharks de San Jose, comprend une contribution financière de la Ville de 307 millions$ pour la gestion de l'édifice ainsi qu'un investissement municipal de 24 millions$ pour l'amélioration de l'aréna. Cela représente en moyenne 15 millions$ par année. En échange, Jamison consentira environ 2,2 millions$ par année en paiement de loyer, taxes sur les billets et autres frais.
Avertissement à la Ville
Mercredi, l'Institut Goldwater avait servi un avertissement à Glendale dans une lettre ouverte adressée à la mairesse et aux membres du conseil municipal de Glendale. La missive les enjoignait de s'assurer que l'entente avec Jamison ne contienne pas de subventions, qui sont illégales selon la Gift Clause incluse dans la constitution de l'Arizona.
Sans lancer de menace claire de poursuite, l'Institut a tout de même laissé planer une possibilité. «Si l'entente est contestée en vertu de la Gift Clause, un tribunal établira la différence entre les coûts réels de la gestion et le montant que la Ville est dans l'obligation de payer pour savoir si cette entente consiste en une subvention», écrit le groupe.
En séance publique, le directeur général de Glendale, Ed Beasley, a affirmé jeudi que la Ville croit avoir mis son entente à l'abri des poursuites. C'est l'avocat indépendant Gary Birnbaum qui est venu détailler l'argumentation. Selon des chiffres fournis par les économistes de Elliott Pollack&Company, en dollars actuels, la Ville de Glendale paiera 204 millions$ en frais de gestion, mais percevra des bénéfices de 222 millions$. Il n'y a donc pas de subvention, a conclu l'avocat.
M. Birnbaum a soutenu que la Ville gagne 18 millions$ si elle accepte l'offre de Jamison, mais qu'elle «met à risque» 170 millions$ - toujours en dollars actuels - si elle la rejette. La conseillère Joyce Clarke a indiqué que, selon elle, c'était la meilleure entente à ce jour.
Le pdg de Québecor, Pierre Karl Péladeau, était à Québec, jeudi, à l'inauguration des locaux de l'agence QMI à l'Assemblée nationale. Celui-ci, habituellement d'une grande prudence dans ses commentaires sur la LNH, n'a pas fait exception, jeudi. Son attaché de presse a mentionné qu'il n'aborderait pas d'autres sujets, citant les Coyotes de Phoenix parmi les thèmes à l'index.
Avec la collaboration de Pierre-Olivier Fortin