«C'est vraiment spécial ce que je ressens», a avoué Valérie, rencontrée plus tôt cette semaine. «Pendant toute ma carrière, j'ai attendu ce moment-là. Et là, c'est dans deux mois. Je ressens à la fois un mélange de stress, d'excitation et joie, etc. Mais une chose est sûre, nous sommes prêtes. Et il y a une grande confiance qui règne au sein de l'équipe. Il s'agit maintenant de travailler afin d'offrir une performance parfaite à Londres. Nous devons peaufiner les petits détails dans nos routines afin de s'assurer d'avoir une performance à la hauteur d'un podium, à la hauteur de nos attentes.»
Valérie a expliqué que l'équipe canadienne présentera aux Jeux olympiques de nouvelles routines. Au nombre de quatre (deux en duo et deux en équipe), elles ont été composées, développées et préparées dans le plus grand secret. Ces routines n'ont donc jamais été présentées au public.
«Nous les testerons pour la première fois le 16 juin à la piscine olympique à Montréal en les présentant à nos parents et amis. Ça sera vraiment un bon défi, mais nous sommes extrêmement confiantes. Nous avons vraiment poussé les limites de la nage synchronisée. Nous sommes allées chercher des choses qui n'ont jamais été vues, des détails au niveau acrobatique, technique et artistique qui surpassent ce qui a été fait dans le passé. Et on a vraiment hâte de le montrer.»
Comme dans l'armée
L'équipe nationale réserverait-elle des surprises aux amateurs? Valérie se fait avare de commentaires. Secret oblige. «Nous avons travaillé deux bons thèmes très représentatifs qui seront faciles à voir pendant la routine et qui feront embarquer la foule. Et comme nous sommes allées dans le détail, nos maillots seront spéciaux de même que nos maquillages.»
Questionnée s'il y avait des risques pour l'équipe nationale de dévoiler ses routines un mois avant les Jeux, la nageuse de 24 ans a indiqué que non, les autres pays n'ayant pas assez de temps afin d'apporter des modifications importantes à leurs propres routines. Elle a ajouté que l'équipe nationale tirerait même profit de sa stratégie.
«C'est bon d'avoir le pouls de nos parents. Ce sont nos meilleurs fans, mais aussi nos meilleurs critiques. Mes parents, par exemple, savent ce qui est bon et ce qui l'est moins, si on est dans la game ou pas.»
C'est moins de 24 heures après avoir nagé devant les leurs que les filles s'envoleront pour l'Europe afin de prendre part à un camp d'entraînement d'un mois. Mais afin que les porte-couleurs puissent se concentrer uniquement sur la nage synchronisée, le lieu de leur destination demeure secret.
«À ce moment-là, il y a juste les Jeux qui vont compter. Il n'y aura aucune distraction extérieure. On va vivre un peu comme dans l'armée. On va toutes demeurer dans le même hôtel, on va se lever à la même heure et on va se coucher à la même heure. On va pouvoir focuser sur ce qu'on fait le mieux, soit nager et performer.
«En attendant notre départ, je m'entraîne et je passe beaucoup de temps en famille. Je demeure à Montréal et mes grands-parents, mes frères de même que mon copain sont dans la région. Je passe donc beaucoup de temps avec eux durant la semaine. Il y a juste mes parents qui sont à Québec, mais je viens les voir à toutes les fins de semaine.»