St-Hilaire était jusqu'en 2006 un escrimeur de haut niveau, à l'épée. Il a toutefois dû ranger son arme en raison de problèmes de dos. «J'avais le rêve olympique de 2008 [...] mais en 2006, il a fallu que j'arrête. Ce n'est pas évident d'arrêter quelque chose que tu n'as pas décidé d'arrêter.»
Une fois la page tournée, il devient entraîneur au club Estoc, puis ouvre son propre club, le Club d'escrime STH, il y a moins d'un an. Depuis, St-Hilaire veut développer l'escrime. «Pas juste au niveau de la formation d'athlètes compétitifs, mais aussi essayer de rendre l'escrime beaucoup plus accessible à la communauté.»
Car le sport a la vie dure à Québec, croit-il. «L'escrime est en santé dans la région de Québec? Je ne pense pas. Mais l'escrime ne peut pas être en santé tout seul. Les gens ne se lèvent pas un matin en disant qu'ils vont faire de l'escrime. Il y en a, mais c'est plutôt rare. Si on ne leur offre pas le service, si on ne va pas vers les gens, je ne pense pas que les gens vont venir vers nous.»
Ce premier pas vers les athlètes potentiels commence dans les écoles primaires.
St-Hilaire débarque dans les cours d'éducation physique avec ses équipements, et les jeunes adorent, affirme-t-il. Il suffirait seulement que quelques-uns d'entre eux veuillent continuer, en parascolaire.
L'épéiste veut aussi ouvrir son club aux adultes qui désirent croiser le fer quelques fois par année. Comme pour le tennis ou le squash. Des sports pour lesquels il n'est pas nécessaire d'être inscrit à des cours pour les pratiquer. Il loue d'ailleurs tout l'attirail sur place. Un équipement pas si coûteux, d'ailleurs. «Ça prend un petit équipement de base, une épée, un masque, une veste. Ce n'est pas plus cher que s'équiper pour le tennis», avance-t-il.
Mais sans visibilité, le sport est voué à demeurer marginal. Outre quelques minutes aux Olympiques, les chances de voir une séance d'escrime sont rares. «Et s'il n'y pas un Québécois qui a performé [aux Olympiques], ça se peut même qu'on saute un quatre ans», ironise St-Hilaire, qui souhaite que son club soit reconnu par la Ville de Québec afin de faire partie de l'offre de loisirs municipaux.
Rendez-vous manqué
Le Club d'escrime STH aura bien failli être représenté à Londres, cet été. Mais aucun escrimeur canadien ne sera aux Jeux olympiques, à l'épée. «Jusqu'à la dernière minute, Hugues Boisvert-Simard était notre espoir olympique, notre seul espoir», indique son entraîneur Charles St-Hilaire. L'athlète a toutefois échoué dans un tournoi de qualification contre un Argentin. Un combat censé être une formalité pour celui qui a battu le premier et le troisième au monde dans les derniers mois. Quelques minutes - les combats durent neuf minutes au maximum - qui ont été un coup dur, mais qui n'ont pas découragé l'athlète.
Car les surprises peuvent autant être positives que négatives, dans ce sport, et les victoires imprévisibles sont aussi chose fréquente. «Il y a une grande parité au niveau mondial», indique l'entraîneur.
Les classements changent rapidement. Puisque les meilleurs escrimeurs sont souvent les athlètes dans la trentaine, rien n'est toutefois perdu pour Boisvert-Simard. Un autre membre de l'équipe canadienne en épée, Vincent Pelletier, pourrait lui aussi causer de belles surprises au cours des prochaines années.