Pierre-Luc Roy, le dernier... vainqueur de l'Hippodrome de Québec

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«Avant d'aller en piste, j'avais dit à un... (Le Soleil, Yan Doublet)

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«Avant d'aller en piste, j'avais dit à un de mes amis que ça tomberait bien si je gagnais, car ça serait tout un honneur pour moi de mériter la dernière victoire de l'Hippodrome», a raconté le jockey Pierre-Luc Roy.

Le Soleil, Yan Doublet

<p>Jean-François Tardif</p>

Jean-François Tardif
Le Soleil

(Québec) Pierre-Luc Roy est passé à l'histoire, dimanche, quand il a mené Lizo Maggs à la victoire à l'Hippodrome de Québec. Son gain ayant été enregistré dans la 10e et dernière course de la journée, il est ainsi devenu le dernier jockey à décrocher une victoire sur la piste québécoise, qui fera place, à l'automne, au nouvel amphithéâtre.

«Je n'avais pas remporté une seule course cette année», a expliqué Roy, un jockey originaire de Mont-Joli qui a commencé à courir à Québec il y a environ cinq ans. «Et avant d'aller en piste, j'avais dit à un de mes amis que ça tomberait bien si je gagnais, car ça serait tout un honneur pour moi de mériter la dernière victoire de l'Hippodrome.»

Roy a expliqué que dans sa courte carrière à Québec, il avait vécu les trois épisodes les plus sombres de l'histoire de l'Hippodrome : la démolition des écuries, l'arrêt des courses en 2009 et la fermeture définitive des installations à la suite du programme de dimanche. Il a expliqué que malgré sa grande déception, il ne pouvait s'empêcher de voir l'avenir avec optimisme.

«Le fait que l'on puisse continuer à courir à Trois-Rivières, ça met comme un baume sur nos plaies. Car s'il n'y avait pas d'autres avenues qui se présentaient, la fermeture de l'Hippodrome serait assurément beaucoup plus difficile à accepter.»

Moment nostalgique

Vincent Trudel, directeur général du Club Jockey du Québec, se voulait positif à quelques heures de la fermeture définitive de l'Hippodrome.

«C'est la fin d'un chapitre, mais le début d'un autre. C'est certain que c'est la fin d'une époque, a expliqué Trudel. Ça faisait 114 ans qu'il y avait un hippodrome à Québec. On dit que plus de 40 000 courses y ont été courues et que plus de 350 millions de dollars ont été retournés aux parieurs. C'est sûr que pour les gens de l'industrie et ceux qui ont vécu là-dedans, c'est un moment nostalgique. Mais la création du Club Jockey du Québec il y a deux ans a permis un nouveau départ pour l'industrie des courses, une industrie qui était complètement morte il y a bientôt trois ans.»

Trudel a indiqué que plusieurs événements positifs avaient marqué l'industrie des courses à chevaux au cours des derniers mois. Comme la décision du gouvernement de permettre l'ouverture de cinq salons de jeux cette année et de cinq autres en 2013. Grâce à ceux-ci, le Club Jockey va pouvoir augmenter les bourses remises aux gens de l'industrie et attirer une clientèle importante. Il a aussi parlé de l'annonce imminente de l'acquisition par son organisme de l'Hippodrome de Trois-Rivières.

«Notre projet d'entente pour la piste de Trois-Rivières n'a pas encore été confirmé officiellement, mais les négociations progressent bien. Et j'ai très bon espoir que l'on pourra acquérir la piste et y présenter des programmes dès cette année.»

Si tout fonctionne comme Trudel le souhaite, le Club Jockey pourrait organiser à Trois-Rivières, et ce, à compter du mois de septembre, une dizaine de programmes cette année et 40 l'an prochain.

«Il n'y aurait donc qu'un seul endroit au Québec où il y aurait des courses professionnelles. Le Club Jockey du Québec offrirait en quelque sorte la ligue majeure qui viendrait chapeauter le circuit régional qui présentera 10 programmes cette année.»

Un mal pour un bien

«Quand nous a annoncé que les courses étaient terminées à Québec, ça nous a fait mal. Et aujourd'hui (dimanche) on doit se rendre à l'évidence que c'est bien vrai. D'un côté, c'est triste, mais d'un autre, il y a de l'espoir. Pour moi, c'est un mal pour un bien.»

Jos Faucher, relationniste de l'Hippodrome dans les années 80, le dit lui-même. Dans sa vie, il a toujours su prendre le négatif pour en faire du positif. Et selon lui, la fin de l'Hippodrome et le déménagement à Trois-Rivières est la meilleure chose qui pouvait arriver à l'Industrie.

«Pour l'instant, une seule piste dans une ville centre, bien située entre Québec et Montréal, c'est la meilleure chose qui pouvait se produire. Présentement, la mode dans la Vieille Capitale est au hockey et aux gros festivals. Peut-être que dans 10 ou 20 ans, on redemandera une piste de course à Québec.»

Faucher a conclu en disant que malgré ce que l'on pouvait dire, les courses de chevaux étaient toujours un sport apprécié par les amateurs de Québec. À preuve, plus de 300 d'entre eux ont manifesté leur intérêt pour un projet de transport privé par autobus qui les emmènerait à l'Hippodrome de Trois-Rivières lors de la présentation de programmes.

La fin de 114 ans d'histoire

La dernière page est définitivement tournée. Après 114 ans d'histoire, l'Hippodrome de Québec a accueilli ses derniers chevaux et ses derniers amateurs de course attelée. Plus de 4000 personnes ont franchi les tourniquets de l'Hippodrome, dimanche, et plus de 50 000 $ ont été gagés.

«Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de monde à ce dernier programme, je croyais plutôt que l'assistance se situerait aux alentours de 2500 amateurs», a indiqué Vincent Trudel, directeur général du Club Jockey du Québec, l'organisme qui avait relancé les courses de chevaux à Québec, il y a deux ans.

Le dernier programme de l'histoire de l'Hippodrome n'a pas seulement été présenté sous le signe des adieux. Pour plusieurs spectateurs, il a aussi servi de retrouvailles, car on comptait dimanche plusieurs amateurs n'ayant pas mis les pieds à l'Hippodrome depuis plusieurs années.

Pour les amateurs de statistiques

Pour les amateurs de statistiques, mentionnons que le record de piste à l'Hippodrome de Québec est et sera toujours de 1 min 54,40 s. Ce chrono a été réussi à trois reprises, la première fois le 30 août 2009, une marque réalisée par Royal Becquet (Simon Allard). Par la suite, Beach Runner (Mario Charron), le 23 juillet 2011, et Winning Dream (Sylvain Lacaille), le 10 septembre 2011, ont ajouté leurs noms au côté de celui de Royal Becquet dans le livre des records de l'Hippodrome...

De toutes les épreuves disputées à l'Hippodrome de Québec, le Cinq Milles a sûrement été la plus prestigieuse. Courue pour la première fois en 1910, cette course annuelle a été présentée 102 fois, la dernière le 25 septembre 2011. Treasure Planet conduit par Steeven Genois l'avait alors gagnée.

Accès à la piste

Plusieurs enfants se souviendront sûrement de leur visite à l'Hippodrome, dimanche. Après le programme, ils ont pu aller sur la piste et voir quelques chevaux de près. Certains conducteurs, dont Pascal Bérubé, ont même fait grimper des enfants à bord de leur sulky afin de leur offrir une petite balade.

De leur côté, des spectateurs ont profité de l'occasion pour se rendre sur la piste et la parcourir, quelque chose qu'ils n'avaient probablement jamais pu faire auparavant. Ils ont aussi pu voir le bâtiment principal de l'Hippodrome d'un angle nouveau.

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