David Desharnais ou le doute des autres

David Desharnais, qui prenait part à un tournoi... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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David Desharnais, qui prenait part à un tournoi samedi à Lévis, a pris quelques instants pour apposer son autographe sur le chandail du jeune Philippe Fauchon sous les yeux de son copain Ralph Voyer.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Olivier Bossé
Le Soleil

(Québec) «Il va toujours y avoir du monde qui doute. Même après cette année, c'est sûr qu'il y en a qui pense encore que ça va arrêter. Mais si tu t'arrêtes à ce que les autres disent, tu n'iras pas loin.»

Samedi midi, David Desharnais était dans le corridor de l'aréna Brunot-Verret, à Saint-Étienne-de-Lauzon. Il venait de gagner son deuxième match au tournoi de hockey annuel de la Chambre de commerce de Lévis. Il joue dans le club de son cousin. Jérôme Côté est actionnaire chez Construction Maurice-Bilodeau.

Natif de Laurier-Station, pas loin, Desharnais aurait sans doute fait partie de cette équipe de toute façon. Même s'il avait accroché ses patins à sa sortie des rangs juniors, il y a cinq ans. Quand plus personne ne semblait vouloir de ses talents de hockeyeur. Peut-être se serait-il même trouvé un vrai job chez l'entrepreneur de Saint-Rédempteur.

Dans les estrades, les anciennes gloires fleurdelisées Alain Côté et Dave Pichette auraient néanmoins signé un gilet des Nordiques. Trois garçons auraient continué de porter le maillot rouge du CH. Le 31 de Carey Price, le 76 de P.K. Subban et le 24, plus personnalisé, de Philippe Fauchon. Ils n'y auraient toutefois pas fait apposer l'autographe du numéro 51.

Au lieu de cela, Desharnais a persévéré. Il vient de connaître une saison de rêve, sa première complète dans la Ligue nationale (LNH). Il pivote la première unité offensive du Canadien de Montréal. Le rapide patineur de 25 ans a conclu la campagne comme troisième pointeur du Tricolore avec 60 points, derrière ses compagnons de trio Max Pacioretty et Erik Cole. Il a disputé 81 matchs sur 82.

«Ç'a bien été personnellement, mais je ne peux pas passer par-dessus le fait qu'on a fini derniers. Il va falloir travailler plus fort pour être sûr que ça ne se répète plus», fait-il valoir.

Du haut de ses cinq pieds et sept pouces faibles, à 177 livres, le petit joueur de centre a toujours essuyé les critiques par rapport à son gabarit. Et ça continue. «Il y en a encore qui croit que ça ne durera pas», constate-t-il, sans rien prendre pour acquis. «Ce n'est jamais coulé dans le béton. Il faut toujours continuer à travailler.»

Pas de plan B

Sans avoir vraiment perdu espoir en cours de route, il admet qu'«il y a tout le temps un moment plus difficile. Pour moi, ç'a été quand j'étais dans la ligue East Coast». La saison 2007-2008, les Cyclones de Cincinnati. Il avait finalement amassé 139 points en 90 matchs, saison et séries confondues. Il avait raflé les titres de joueur par excellence, de recrue de l'année et de meilleur marqueur du circuit, menant les Cyclones à la conquête de la Coupe Kelly. Il avait 21 ans.

«Il faut croire en toi, continuer de travailler et avoir du plaisir à le faire. Même si ce n'est pas tout le temps facile. Il y a une place pour tous les genres de joueur [dans la LNH]. Si tu es bon, le gabarit importe peu. Tu fais ta place.»

Une place qu'il a toujours cru ou même su être la sienne. On rit à l'idée de l'envoyer bâtir des maisons sur la Rive-Sud. Mais dans sa tête, il n'a jamais eu d'autre option que la LNH. «Quand quelqu'un rentre à l'université en médecine, est-ce qu'il a un plan B? Non. C'était la même chose pour moi», conclut le docteur ès hockey.

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