«La famille Harvey a énormément influencé la région», a expliqué Daniel Rochon, vice-président et directeur général de la division de l'Est de l'entreprise Resort of the Canadian Rockies, lors du dévoilement de la plaque confirmant la nouvelle appellation du sentier 33. «Aujourd'hui, Pierre, Alex et les autres membres de la famille sont des gens admirés, qui ont une grande influence sur les jeunes.»
Pierre a indiqué que le fait de maintenant avoir au Mont-Sainte-Anne une piste portant son nom était à la fois un cadeau et une fierté. Il a ajouté que ce qu'il aimait c'était que le sentier ne portait pas son nom ou celui d'Alex. «C'est la Harvey! Ça touche donc aussi mes filles qui ont compétitionné ici et qui continuent à s'y entraîner presque à chaque jour. C'est donc un cadeau familial qui officialise un peu que le mont Sainte-Anne, c'est notre terrain de jeu.»
«Cet honneur, je le partage avec mon père», a dit Alex. «C'est deux tiers Pierre et un tiers Alex. Et c'est quelque chose de très touchant. Pendant toute ma jeunesse, avant de courir en Europe, c'est dans cette piste que je passais le plus de temps à skier. Et en été, en vélo de montagne, c'est aussi dans celle-ci que je m'entraînais. Ce sentier, c'était mon terrain de jeu et mon bureau... Et depuis aujourd'hui [mercredi], on dirait que je fais partie de l'histoire.»
Les épreuves déménagent
Le beau temps des derniers jours s'étant chargé de débarrasser les plaines d'Abraham de leur manteau hivernal, c'est au Mont-Sainte-Anne que seront disputées, aujourd'hui, les épreuves de sprint des Championnats canadiens de ski de fond. Alex Harvey n'a pas caché qu'il aurait bien aimé compétitionner sur le circuit qui recevra en décembre les meilleurs fondeurs de la Coupe du monde.
«Ça aurait été une bonne pratique et ça nous aurait donné un avantage. Mais on va quand même pouvoir profiter de cet avantage l'hiver prochain, puisque nous devrions avoir des accès plus faciles aux pistes avant la compétition. De plus, j'ai déjà fait sur les Plaines des courses régionales quand j'étais plus jeune. Je connais donc le feeling de skier là-bas et de la neige. Ça aurait aussi été le fun, car nous aurions sûrement skié devant une foule record.»
Les températures estivales de la dernière semaine ont-elles une influence sur sa manière de se préparer? «Le temps doux ne change rien pour moi, mais il complique pas mal le travail des farteurs, car ce n'est pas facile de trouver de bons skis pour compétitionner dans les conditions de neige que nous avons actuellement. Il y a peut-être juste samedi lors du 50 km où je devrai m'hydrater davantage avant et pendant la course. Mais de toute manière, on prend toujours des ravitaillements pendant ces longues épreuves.»
Alex a reconnu qu'il commençait à ressentir les effets du décalage horaire et qu'il était fatigué. Qu'à cela ne tienne, il tentera de nouveau de mettre la main sur la victoire. Mais comme son premier objectif sera de mettre des sourires sur les visages des jeunes présents, il sera satisfait de sa journée s'il y parvient et ce, peu importe son classement.
Cinq millions $ pour se mettre à la fine pointe
Environ 5 millions $. C'est ce que coûteraient les travaux qui permettraient au Centre national Pierre-Harvey d'être à la fine pointe et au Mont-Sainte-Anne d'avoir des pistes de ski de fond de calibre de celles de la Coupe du monde. C'est la conclusion d'un projet qui a été élaboré par des gens de Skibec, du Centre national et du Mont-Sainte-Anne.
«Ce petit investissement rendrait la région encore plus compétitive par rapport à Vancouver et à Canmore et c'est certain que plus d'athlètes viendraient s'entraîner chez nous», a expliqué Pierre Harvey. «Ce que l'on a ici est pratiquement déjà parfait pour l'entraînement en hiver. Mais pas pour la présentation d'une Coupe du monde. Les parcours sont maintenant plus petits et plus difficiles afin de rendre les épreuves plus spectaculaires.» Harvey a précisé qu'il faudrait aussi doter le centre d'une piste de ski à roulettes pour l'entraînement estival. Depuis toujours, les athlètes du centre s'entraînent sur l'avenue Royale. Une pratique illégale.