Ouardi a vraiment commencé à s'imposer sur la scène internationale en janvier dernier. Il a gagné une médaille de bronze lors de la Coupe du monde de Calgary, une première pour un patineur québécois depuis Sylvain Bouchard en 1998. Par la suite, il n'a jamais cessé de progresser. Des résultats qui n'ont pas surpris le patineur de 25 ans qui avait connu un bon été d'entraînement, où il jugeait s'être amélioré.
«J'ai cependant eu un 1000 m so-so lors des sélections d'automne pour le circuit de la Coupe du monde. Et je suis arrivé blessé pour le 500 m. Ce fut un dur coup pour moi parce que je savais que j'allais bien faire. Lors des courses de pratique, j'avais réalisé d'excellents temps. J'ai donc dû prendre une pause de plusieurs semaines à Québec au cours desquelles j'ai repris l'entraînement progressivement.
«J'ai quand même été chanceux dans ma malchance. En demeurant à Québec, j'ai pu m'entraîner plus fort et le faire avec Laurent [Dubreuil], un gars avec qui je m'entends super bien et qui a vraiment été une belle addition pour moi cette saison. Et c'est à la suite de ça que j'ai eu mon peak de Calgary, dans des conditions qui auraient pu être catastrophiques.»
C'est de nouveau avec ses vieilles bottines que Ouardi compétitionnera en fin de semaine. On se souviendra que la compagnie aérienne avec laquelle il avait fait affaires à son retour de la Coupe du monde de Salt Lake City avait perdu ses patins neufs. Sans patins à la veille de la Coupe du monde de Calgary, il avait dû demander à sa mère de lui envoyer ses vieilles bottines auxquelles il avait installé de nouvelles lames. Après quelques entraînements catastrophiques, il s'était finalement senti à l'aise. On connaît la suite...
Bottines spéciales
«Je suis resté sur les veilles bottines, même si la compagnie aérienne a fini par retrouver mes patins et me les envoyer. Je me suis aperçu qu'elles avaient quelque chose de spécial et qu'elles allaient bien. Quand tu changes de bottines, tu ressens des feeling différents et tu es porté à travailler d'une autre manière et parfois, à changer des choses que tu faisais bien. En revenant à mes vieilles bottines, j'ai repris mes vieilles habitudes.
«Non seulement j'ai eu de bons résultats au 500 m, mais je me suis aperçu que j'avais quelque chose à donner au 1000 m. Mes vielles bottines me permettent d'être plus endurant, tout en ayant une bonne vitesse de pointe. Et c'est ce qui m'a permis de me classer aussi pour le 1000 m des championnats. C'est un gros plus pour moi, surtout à deux ans des Jeux.»
Débordant de confiance, Ouardi a indiqué qu'il lui restait encore des gains à faire sur le plan technique afin d'être fin prêt pour les mondiaux. Interrogé sur ses objectifs à Heerenveen, il a lancé: «Un top 5 au 500 m et un top 16 au 1000 m.»