Laurent Dubreuil, un champion en deuil

Laurent Dubreuil est la nouveau monarque des 18... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Laurent Dubreuil est la nouveau monarque des 18 ans et moins au 500 mètres.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Olivier Bossé
Le Soleil

(Québec) Fierté, fatigue et tristesse. Laurent Dubreuil est rentré du Japon, hier soir. Un long périple d'où le patineur de vitesse revient bardé du titre de champion du monde junior, mais en deuil de sa grand-mère.

Samedi, le nouveau monarque planétaire des 19 ans et moins à l'épreuve du 500 mètres sur longue piste avait promis de ramener les fleurs reçues sur le podium à grand-maman Paulette. Elle était alors mal en point, à Montréal, des suites d'une opération cardiaque. Les complications sont venues à bout de la dame de 79 ans, dimanche matin.

«Je vais donner les fleurs à mon grand-père. Ou aller les déposer sur la tombe de ma grand-mère», laisse tomber le grand garçon, l'oeil digne et sec derrière ses lunettes. Il a appris la mauvaise nouvelle juste avant de quitter son hôtel d'Obihiro, par sa mère, qui accompagnait ses fils Laurent et Daniel au Japon. Maman Ariane rentre aujourd'hui.

Hier, le père, Robert Dubreuil, était à l'aéroport Jean-Lesage pour accueillir ses deux patineurs de fistons. Leur soeur, Anna-Belle, la benjamine, aussi patineuse, l'accompagnait. Les deux parents sont d'ex-patineurs et ont déjà pris part aux Jeux olympiques. Le paternel est directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec. La famille habite le secteur Saint-Étienne-de-Lauzon, à Lévis.

À sa sortie de la zone de récupérations des bagages, Laurent tenait dans ses mains une boîte rectangulaire dorée. À l'intérieur, la fameuse médaille d'or au large ruban, mais pas plus grosse qu'une pièce de deux dollars!

«J'ai passé par-dessus ma déception du 1000 mètre», où il visait aussi la victoire. Il y a terminé quatrième. «Je suis quand même champion du monde junior. On peut dire mission accomplie. Avec une combinaison de mon effort et de mon talent, j'ai été meilleur que tout le monde au monde. Je flotte sur un nuage», lance-t-il, sous sa tuque rouge à pompon.

Une combinaison gagnante qu'il aimerait transporter jusqu'à Heerenveen, dans deux semaines, pour les Championnats du monde seniors par distances individuelles. Sa présence sur le mythique anneau néerlandais Thialf dépend toutefois des résultats de Gilmore Junio. L'Albertain doit glisser au 15e rang ou pire du classement de la Coupe du monde, cette fin de semaine.

«Ce n'est pas en mon contrôle, mais je me sens prêt. Si j'y faisais un top 16, la saison prochaine, je serais admis directement au sein de l'équipe nationale senior, au lieu de développement. Et un top 5 serait exceptionnel», ajoute celui qui a enregistré le record du monde junior sur 500 mètres, en janvier.

«Ma victoire aux Mondiaux juniors m'a montré que je suis capable de livrer la marchandise sous la pression, dans une situation similaire à celle des Jeux olympiques. Les Jeux de 2014 sont à ma portée. S'il y avait eu des Jeux cette saison, j'aurais été qualifié.»

Il vient de réussir ce qu'aucun patineur québécois n'avait fait avant lui, même pas le grand Gaétan Boucher. «Ça me rend humble, admet-il. Et ça me donne la confiance et la drive pour aller chercher le Championnat du monde senior dans quelques années. C'est mon objectif.»

Un toit pour le patin

L'entraîneur Gregor Jelonek a de quoi pavoiser. Cinq des neuf athlètes qui représentaient le Canada aux Championnats du monde junior de patinage de vitesse longue piste s'entraînent sous ses ordres à l'anneau de glace Gaétan-Boucher. Chez les gars, c'était quatre sur cinq. Le groupe compte maintenant un champion du monde junior.

«Ça prouve qu'on est capable de s'entraîner dehors. Ça montre que le patin est en santé chez nous. Mais il le serait encore plus si on avait un toit. Le Québec est l'une des premières provinces et l'un des endroits au monde où le patinage est le meilleur. Si on pouvait tenir des compétitions internationales ici, ce serait un grand succès», assure celui qui était attendu à l'aéroport par sa conjointe, la volleyeuse Guylaine Dumont, et leur fille de 11 ans, Gabrielle.

«Le ski de fond, ça se passe encore dehors. Mais pas le patin! Il n'y a plus de compétitions dehors. Tout est en-dedans, c'est comme ça. Si on veut être au même niveau que les autres, ça prend un toit.»

Les frères Laurent et Daniel Dubreuil, âgés de 19 et de 17 ans, les frères François et Alexandre Déry, 19 et 16 ans, tous de Lévis, ainsi que Mèryem Labidi, 18 ans, de Québec, concourraient au Japon.

Le paternel Dubreuil, Robert, est directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec. Il admet que les succès de son aîné redonne de l'air au projet de construction d'un toit sur l'anneau de Sainte-Foy. La fédé profite de ses réussites pour faire des représentations auprès des différents paliers de gouvernement.

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