L'Ontarienne de 29 ans est morte jeudi, dans l'Utah, des suites d'un accident survenu à l'entraînement, neuf jours plus tôt. Le monde entier l'a reconnue comme une pionnière du ski en style libre, surtout en demi-lune.
Chez nous, la belle blonde a tissé des liens impérissables. Elle a trouvé une amie pour la vie en Elsa Robert. Un amoureux resté ami en Philippe Bélanger. Et plusieurs amitiés chères.
Au tournant des années 2000, Philippe Bélanger, Philippe Larose et Philippe Dion étaient connus comme les «Trois Phil». Trois skieurs qui repoussaient les frontières de leur discipline. Trois Phil qui étaient quatre, avec Thomas Rinfret.
À cette époque, «Sarah venait assez souvent à Lac-Beauport», raconte un Bélanger encore sous le choc. L'athlète devenu juge était de passage à la maison, hier, entre le Dew Tour de Killington, au Vermont, et les X Games d'Aspen, au Colorado. «Pendant quatre ou cinq ans, on a été très proche toute la gang.»
Le quatuor québécois tournait des films de freeski, la maison de production Pléhouse. «Elle filmait avec nous. On a lancé nos carrières ensemble», se remémore celui qui a formé un couple avec Burke pendant deux ans et demi.
Il se rappelle un championnat canadien de ski acrobatique, au Relais. Probablement en 2000. Burke faisait encore partie de l'équipe ontarienne de bosses. Elle a atterri sa triple rotation au big air, un exploit encore aujourd'hui dans l'univers du ski féminin. «Si ce n'était pas son premier, ce n'était pas loin», tente Bélanger.
Impressionnante
La première fois qu'il l'a vue, c'était en 1999. À Lake Tahoe, en Californie. Une qualification pour les X Games. «On commençait aussi. Je me souviens de la voir assise dans la neige, attendant son tour, déjà très focusée à ce moment-là. Je l'avais trouvée très impressionnante.»
Elle a ensuite gagné six médailles aux X Games, quatre fois l'or en demi-lune. Dans quatre jours, à Aspen, elle aurait été la grande favorite.
«Beaucoup de choses ont changé dans le monde du freeski à cause d'elle. La demi-lune [féminine] aux X Games, c'est à cause d'elle. Aux Jeux olympiques [à compter de 2014], pas mal aussi. Elle a donné beaucoup au ski féminin, mais plus que ça, au ski en général. Elle a fait découvrir notre sport à tout le monde.»
«Et elle a fait preuve d'une persévérance incroyable!» Malgré des blessures au genou, à l'épaule, au dos, dont une fracture d'une vertèbre en 2009, «elle n'arrêtait jamais. Ce n'était jamais un fardeau. Elle donnait le goût aux gens de rêver», soutient Bélanger.
Lui est retraité depuis cinq ans. Il est propriétaire de la boutique D-Structure, coin chemin Sainte-Foy et autoroute Robert-Bourassa. Il juge aussi les grandes compétitions. C'est là que les deux se croisaient encore, six ou sept fois par année. La dernière fois, c'était à Copper Mountain, au Colorado, en décembre.
L'Association canadienne de ski acrobatique a annoncé hier qu'il y aurait probablement des funérailles publiques à Whistler, en Colombie-Britannique, où elle habitait maintenant. Un autre service intime devrait se tenir pour les proches. Bélanger, qui offre ses sympathies à la famille éplorée, devrait y être.