Les meilleurs planchistes, skieurs et motoneigistes dits «extrêmes» se réunissent chaque année pour cette compétition-spectacle digne de mini Jeux olympiques. Les X Games en seront à leur 16e présentation hivernale, du 26 au 29 janvier. Nichée à près de 2500 mètres d'altitude dans les montagnes du Colorado, la chic station d'Aspen en est le théâtre depuis 2002.
D'un simple outil de marketing du réseau de télé ESPN qu'ils étaient en 1997, à Snow Summit (Californie), les X Games d'hiver imposent maintenant la cadence au coeur d'une industrie plus marginale du tout. Les images sont retransmises dans 192 pays et territoires pour espérer atteindre 232 millions de foyers partout sur le globe. Pour ce faire, ESPN utilisera entre autres sur place 34 caméras 3D cette année.
Aux côtés des courses de pelles supermodifiées, d'escalade de glace et de descente sur neige en vélo de montagne dès le début, le snowboard est le seul sport à être encore de la fête. Aujourd'hui, 19 épreuves sont au programme dans 13 disciplines de surf des neiges, de ski et de motoneige.
Le planchiste de 19 ans Sébastien Toutant sera le chef de file de la délégation québécoise. Le prodige de L'Assomption a connu un succès boeuf, l'an dernier. À sa première participation aux X Games, «Seb Toots» a raflé la médaille d'or au slopestyle (enfilade de modules en descente), l'argent au big air (saut unique sur tremplin) ainsi que le titre d'athlète masculin de la compétition.
Le snowboarder urbain de Québec Nicolas Sauvé et la skieuse montréalaise au nom prédestiné Kaya Turski ont aussi des titres à défendre. Ce qui sera toutefois difficile dans le cas de Sauvé, victime d'une déchirure du muscle de la cuisse, fin novembre.
Ses copains et concitoyens Louis-Félix Paradis-Lemieux et Philippe Jacques montent au front pour défendre l'honneur de la cité de Champlain. Paradis en vidéo (real snow), Jacques dans le parcours urbain (street). Deux épreuves d'où Sauvé avait rapporté des médailles, il y a 12 mois.
Maltais à surveiller
L'autre planchiste s'avère la plus connue du grand public. Dominique Maltais n'a pas connu les succès escomptés lors de ses deux participations aux X Games, en 2008 (quatrième) et en 2011 (sixième). Mais une médaille olympique (2006) et deux globes de cristal (2006 et 2011) comme championne de saison de la Coupe du monde de snowboardcross ne sauraient mentir.
À défaut de hauts sommets, nos meilleurs skieurs en style libre se lancent dans les parcs à neige, aux quatre coins des stations du Québec. Nos cinq représentants sur spatules aux X Games s'alignent donc à l'épreuve du slopestyle. Turski en est la double championne en titre.
Le quintette compose d'ailleurs une bonne partie de la toute nouvelle équipe nationale canadienne de ski en slopestyle. La discipline passera sous l'égide des anneaux olympiques en 2014, à Sotchi. Ce qui leur donne déjà beaucoup plus de visibilité.
Comme pour la demi-lune et le snowboard-skicross avant, les X Games servent encore de laboratoire pour les Olympiques. Actifs, avant-gardistes, appréciés des jeunes et mis en valeur par le petit écran, les X Games deviennent incontournables. Même pour un mouvement aussi traditionnel que celui des JO, surtout dans leur volet hivernal.
Dans l'ombre de Sarah burke
Les 16es X Games d'hiver ne seront pas aussi festifs qu'à l'habitude. La mort de Sarah Burke, jeudi, jette une ombre sur cette compétition où elle faisait figure d'icône. La brillante et belle skieuse de 29 ans se serait attaquée à un cinquième titre en demi-lune, ce qui l'aurait placée parmi un cercle très restreint de champions de la glisse acrobatique. Un hommage lui sera sans doute rendu, par les organisateurs ou par les concurrents. Déjà, cette fin de semaine, à Killington (Vermont), une ambiance funèbre pèse sur l'étape du Dew Tour. Le moral des athlètes, tous amis de Burke, est au plus bas. Elle avait aussi mené le mouvement pour faire accepter sa discipline aux Jeux olympiques. Ce qui sera fait en 2014, mais sans elle.