Aujourd'hui, les Kebs se rendent au New Hampshire afin de saluer Sam Carey une dernière fois. Dimanche, l'organisation a tenu une cérémonie en son honneur en présence du consul général des États-Unis à Québec, Peter O'Donohue. «On n'a pas encore eu le temps de faire notre deuil. Pendant la cérémonie, on essayait de ne pas pleurer», avouait l'ailier Yannick Anzuluni.
Malgré tout, les Kebs ont eu beaucoup de plaisir, dimanche. À preuve, les 108 points étaient leur plus haut sommet depuis le début de la saison dans la Ligue nationale de basketball du Canada.
«C'était notre premier match à la maison depuis le départ de Sam, on voulait prouver un point et jouer pour lui. Plus important, on voulait s'amuser parce que c'est ce qu'il aurait fait. Aujourd'hui, on a finalement joué en équipe, tout le monde a contribué et il n'y avait pas d'égoïsme dans notre jeu. On s'est bien passé la balle et au tableau, chacun a amassé des points», expliquait Anzuluni, auteur de 18 points.
Après un lent début qui n'a vu qu'un point être inscrit par les deux équipes dans les trois premières minutes, les Kebs ont pris le contrôle du match. Le vent ne soufflait que d'un côté, soit dans la face du Storm. Avant de connaître un quatrième quart plus difficile en défensive, les joueurs dirigés par Robert Spon détenaient une avance de 24 points (81-57) après trois périodes. À un certain moment, l'écart était même de 29 points.
«Je dirais qu'il s'agit de l'un de nos bons matchs. Lorsqu'on joue bien en défensive, comme on vient de le faire, nous sommes difficiles à battre. Par contre, on n'a pas encore joué quatre quarts complets, il faudra s'assurer de ne jamais relâcher, même lorsqu'on mène par plusieurs points», précisait l'entraîneur-chef des Kebs, la voix éraillée.
Lourd en émotions
Émotivement, les derniers jours n'ont pas été faciles. Après les funérailles de Carey, aujourd'hui, Spon accordera quelques jours de repos à sa troupe, qui reprendra l'entraînement samedi. Ensuite, ce sont cinq matchs de suite sur la route qui attendent les Kebs.
«On a besoin de ce congé. Aujourd'hui, Sam veillait sur nous. Il est parti, mais il sera toujours près de nous et dans nos pensées», ajoutait celui qui avait dirigé le défunt, il y a trois ans, à Manchester.
L'homme de basketball a apprécié la journée de travail de son club, notamment l'effort défensif et le roulement à l'offensive. «Nous avons plusieurs armes, n'importe qui peut attaquer si l'adversaire essaie d'isoler un joueur en particulier», précisait Spon, qui aime bien son duo de gardes formé de Shaun Fountain et Royce Parran, qui a mené la charge avec 20 points.
Questionné sur le jeu d'Anzuluni, il répondait que «Yannick sera difficile à freiner lorsqu'il trouvera sa zone de confiance», qui ne cesse de s'agrandir. À un collègue qui l'interrogeait sur la possibilité de le voir un jour dans la NBA, Spon restait prudent.
«S'il continue de progresser, dans quelques années, peut-être. Mais on n'est pas rendu là, il doit aussi mieux contrôler le ballon.»