Hockey mineur: introduire la mise en échec plus tôt protégerait peu

Un groupe de hockeyeurs pee-wee devrait être suivi... (Photothèque Le Soleil)

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Un groupe de hockeyeurs pee-wee devrait être suivi durant quatre saisons afin de vérifier de façon plus probante les changements quant au taux de blessures, notent les auteurs de cette étude canadienne.

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Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Une étude publiée dans le journal de l'Association médicale canadienne et à laquelle a pris part le professeur Claude Goulet, du département d'éducation physique de l'Université Laval, démontre que l'introduction de la mise en échec au hockey dès le niveau pee-wee, soit chez les hockeyeurs de 11 et 12 ans, n'aurait qu'un faible effet protecteur quant à la réduction des blessures dans les années suivantes.

Les auteurs de l'étude dirigée par la Dr Carolyn Emery de l'Université de Calgary ont comparé les blessures subies par 995 joueurs de hockey de 13 et 14 ans évoluant au niveau bantam en Alberta, où la mise en échec est introduite dès le niveau pee-wee, avec celles subies par 976 joueurs du même niveau au Québec, où la mise en échec est introduite au niveau bantam.

Il y a quelques années, une étu­de avait démontré que les risques de commotion et de blessure étaient trois fois plus grand chez les joueurs de hockey pee-wee qui évoluaient dans une ligue où la mise en échec était permise que chez ceux qui jouaient dans une ligue où elle n'était pas permise.

L'idée de cette nouvelle étude était de vérifier si, comme certains le prétendent, les joueurs qui n'ont pas goûté à la mise en échec avant l'âge de 13 ans se blessent davantage au niveau bantam comparativement à ceux qui en avaient l'expérience depuis l'âge de 11 ans.

L'étude a démontré que le ris­que de blessure nécessitant plus de sept jours à l'écart du jeu diminuait de 33 % chez les joueurs ayant l'expérience de la mise en échec chez les pee-wee et que le risque de commotion nécessitant plus de sept jours à l'écart du jeu chutait de 40 % chez ces mêmes joueurs.

Quant à l'ensemble des blessu­res, la diminution n'est que de 15 % pour les habitués de la mise en échec et de 16 % pour l'ensemble des commotions. Les auteurs estiment toutefois qu'en raison de l'intervalle de confiance de l'étude, ces différences pourraient être seulement dues à la chance.

Effet du survivant

Les auteurs précisent également que des joueurs qui ont subi une blessure au niveau pee-wee en Alberta, où la mise en échec est permise, pourraient avoir abandonné le sport et ne pas avoir joué au niveau bantam. Cette baisse du nombre de joueurs sujets aux blessures pourrait aussi avoir contribué à exagérer l'écart entre les joueurs du Québec et de l'Alberta, qui pourrait être attribuable à «l'effet du survivant» plutôt qu'à l'introduction de la mise en échec à 11 ans.

Pour obtenir des résultats plus probants, les auteurs de l'étude signalent qu'un groupe de hockeyeur devrait être recruté au niveau pee-wee et suivi durant quatre saisons afin de vérifier les changements quant au taux de blessures.

La mise en échec, qui cause la majorité des blessures au hockey mineur, est permise au niveau pee-wee partout au Canada à l'exception du Québec. Aux États-­Unis, la mise en échec est également introduite dès le niveau pee-wee, mais certains experts américains souhaiteraient imiter l'exemple du Québec et attendre le niveau bantam avant de la permettre.

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