(Québec) Aux yeux de Mathieu Darche, l'histoire du hockey, celle avec un grand H, s'épelle plutôt CH. Né, élevé, diplômé et signé à Montréal, l'attaquant du Canadien voit la vie en bleu, blanc et rouge, et ce, depuis toujours. Faut-il s'étonner alors qu'il ait refusé d'écouter le discours de Michel Bergeron, dans le vestiaire des Nordiques, recréé par l'exposition Le hockey dans la peau, hier?
«J'ai toujours été un fanatique du Canadien. Je l'étais en grandissant. Et je le suis encore aujourd'hui. Il n'y a pas juste moi. La plupart des Québécois dans la Ligue nationale de hockey garde un oeil sur le Canadien. Moi, j'ai la chance de jouer pour eux», a expliqué Darche, une étincelle dans les yeux.
De passage dans la capitale, où il effectuait une dernière escapade en famille avant le début du camp d'entraînement, le 52 du Tricolore a profité de l'après-midi pour découvrir l'exposition rendant hommage à notre sport national à l'Espace 400e.
Le tableau qui a le plus accroché le Montréalais, c'est celui portant sur la fermeture du Forum. Un événement auquel il avait assisté avec son père.
«Ç'a été le moment le plus marquant que j'ai vécu. Je ne me souviens pas vraiment du match. Mais je sais qu'on avait gagné contre les Stars et que Guy Carbonneau était revenu sur la glace avec son chandail du Canadien. Je me rappelle que dans le Forum, partout dans les estrades, il y avait des anciens, pour l'ovation à Maurice Richard. Je me rappelle d'avoir vu mon père, assis à côté de moi, avec les larmes aux yeux...» a relaté l'attaquant, qui a profité de sa visite pour raconter ce souvenir à ses garçons Samuel, huit ans, et Benjamin, six ans.
Riche histoire
L'un des avantages de s'aligner pour le Canadien, c'est d'être plongé dans cette riche histoire sur une base quotidienne. Un privilège qui n'échappe pas à Darche.
Ce dernier apprécie d'ailleurs ses rencontres avec les immortels de la Flanelle, qu'il tient responsable de la prolifération de numéros élevés au sein de la formation! C'est également le cas de nombreux coéquipiers friands d'histoire.
«Un gars comme Scott Gomez, qui a grandi en Alaska, aime beaucoup lire sur l'histoire des sports. Il a capoté quand il est arrivé à Montréal, l'année du centenaire. Et puis, l'année passée, on a eu Émile "Butch" Bouchard, qui est venu faire un tour dans la chambre... Même lui était impressionné.»
Il?ne?fallait?donc?pas compter hier sur Mathieu Darche pour s'émouvoir devant les artefacts rappelant les moments de gloire des défunts Nordiques, hier. Même qu'il n'a pas hésité un instant au moment d'enregistrer son vote sur le but d'Alain Côté.
«J'aime beaucoup Michel Bergeron. C'est un très bon monsieur, et j'aime ça, le taquiner. Maintenant, je vais pouvoir lui confirmer que le but d'Alain Côté n'était vraiment pas bon!»