Gagnon a arrêté le chronomètre à 1 h 9 min 58,3 s, après avoir monté et descendu 37 escaliers, dont les plus connus sont ceux du Faubourg, Casse-cou, de la Promenade-des-Gouverneurs et du Cap-Blanc. Plusieurs des 1600 concurrents ont aussi découvert des recoins de la capitale, comme les escaliers du Passage-du-chien et du parc du Cavalier-du-Moulin.
«Le mot escalier fait peur au monde, mais c'est beaucoup moins pire qu'on le pense», assure Gagnon, 34 ans, qui avait gagné la première présentation, en 2009, et fini deuxième l'an dernier. «C'est moins dur qu'une course classique parce que tu changes de muscles. Tu en reposes certains en montant et d'autres en descendant.»
«C'est génial comme course. Ça passe vite», ajoute la femme la plus rapide de l'épreuve pour la deuxième année consécutive, Christine Soucy. Son temps était de 1 h 21 min 55,5 s, trois minutes et demie de mieux que l'an dernier sur un parcours presque identique. L'économiste de 39 ans et maman de deux enfants n'habite pas loin des plaines d'Abraham. Elle se farcit les 398 marches de l'escalier du Cap-Blanc à répétition chaque samedi. Elle servait d'ailleurs un avertissement aux participants moins coutumiers avec les marches. «Ils vont avoir une semaine de mal de jambes.» La descente sollicite des muscles différents du mouvement de course habituel.
Soucy et Gagnon ont chacun ramassé les 200 $ remis aux gagnants. Patrice Lebeuf (1 min 54,6 s) et Louise Voghel (2:53,8) ont été les plus vite dans l'escalade finale du Cap-Blanc. Charles Bouchard (3:07,7) et Mélanie Jacqmain (3:43,1) les plus rapides à rallier la tête de l'escalier du Cap-Blanc au fil d'arrivée, situé sur l'avenue George-VI, à la lisière des Plaines. Meilleurs grimpeurs et sprinteurs empochaient 100 $. David Gill est aussi rentré à la maison un peu plus riche.
L'ancienne étoile de demi-fond du Rouge et Or de l'Université Laval a terminé deuxième au cumulatif (1:13:26,6), deuxième grimpeur (1:56,2) et troisième sprinteur (3:24,7). «Il s'est sûrement trompé de parcours quelques fois pour que je le batte», glisse Gagnon au sujet de Gill. Le manque de signaleurs bénévoles a causé des détours à certains coureurs. L'épreuve écourtée de 20 escaliers pour 1800 marches sur 11 km a couronné Gabriel Sanfaçon (51:45,7) et Émilie Marceau (55:04,5).
Croissance fulgurante
De toutes les compétitions organisées par le groupe Courir à Québec et son président-directeur général Denis Therrien, le Défi des escaliers est celle dont la croissance est la plus importante à ses premières années. De 600 pour sa première en 2009, Therrien vise 2000 inscriptions l'an prochain.
Les courses d'escaliers connus dans le monde se déroulent dans des édifices célèbres, comme l'Empire State Building de New York, la Tour Sears de Chicago ou la Tour du CN de Toronto.