Caroline Brunet: «Pas une grosse affaire»

Caroline Brunet (troisième à partir de la gauche)... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Caroline Brunet (troisième à partir de la gauche) a pris le 10e rang de la première étape du Grand Prix de Saint-Raymond couru hier sur la route ceinturant le lac Sept-Îles.

Le Soleil, Patrice Laroche

(Saint-Raymond) Caroline Brunet n'a jamais aimé les feux de la rampe. Samedi, quand deux journalistes se sont enquis d'elle au fil d'arrivée de sa troisième course cycliste en carrière, la grande dame du kayak a mis les choses au clair. «Il ne faut pas en faire une grosse affaire. C'est peut-être ma dernière.»

 

 

 

 

 

 

 

 

Même au faîte de sa gloire, pagaie entre les mains, la triple médaillée olympique et gagnante de 10 titres de championne du monde a toujours tenté de se tenir loin des caméras, des micros et des calepins. Mais voilà que, sept ans après sa retraite des eaux, à 42 ans, son arrivée sur le bitume fait jaser.

Comme elle le dit elle-même, «quand je fais quelque chose, je le fais sérieusement». Sans crier ga­re, en septembre, elle a pris le septième rang du championnat québécois. Samedi matin, lors de la première des deux étapes du Grand Prix de Saint-Raymond, Brunet faisait partie d'une échappée à trois. C'était avant que l'épreuve ne soit neutralisée pour cause de sécurité, vers la mi-course.

Brunet, Véronique Labonté et Virginie Gauthier ont fait le tour du lac Sept-Îles une fois de plus que leurs rivales, pour presque rien. L'écart d'une minute offerte par les officiels n'a pas suffi. Le trio a été rejoint. Brunet a terminé 10e, au coeur du peloton, comme Gauthier, septième. Labonté a mené sa coéquipière Lex Albrecht vers la victoire et a fini deuxième.

Et s'il n'y avait pas eu cet arrêt? «Ça, on ne le sait pas. On s'est fait rattraper», tranche Brunet, sans chercher d'excuse. «Ces filles-là sont bien meilleures que moi. Dans l'échappée, Véronique Labonté prenait la majorité des relais. Moi, j'en prenais un sur cinq», fait-elle valoir.

«Si j'avais eu le potentiel, je l'aurais exploité. Mais là, je ne l'ai pas. J'ai 42 ans. Le vélo, ça prend autant d'expérience que de forme physique. En kayak, les meilleures gagnent. Ici, les meilleures peuvent aussi gagner, mais c'est tellement de stratégie. Et ça s'acquiert juste avec l'expérience.»

Aucun stress

Brunet affirme s'être mise au vélo «tout naïvement», «parce que mon chum en fait». Puis elle a voulu «découvrir mon potentiel. Mais je ne l'ai pas, le potentiel. J'aime compétitionner, mais je n'ai aucun stress. Il ne peut pas y en avoir. La suite sera dictée par mon envie, c'est tout», assure l'athlète originaire de Lac-Beauport aujourd'hui établie à Montréal, avant de repartir dans sa Jetta grise, presque incognito.

Encore victorieuse à Saint-Raymond, comme l'an passé, Albrecht avoue n'avoir appris que récemment qui est Caroline Brunet. «Je l'avais vue l'an passé, au championnat québécois. Je ne savais pas qui c'était, mais je la trou­vais forte», raconte la jeune femme de 24 ans. À sa décharge, la cycliste originaire de Barrie, en Ontario, ne vit au Québec que depuis six ans.

«Je ne suivais pas beaucoup le sport», se justifie-t-elle, consciente de son hérésie. «Mais je l'ai connue au Tour of the Gila, et elle est très gentille.» Brunet a participé aux deux premières étapes de ce tour couru au Nouveau-Mexique, en avril. «Et elle roule super bien! Elle est comme Clara Hughes», estime Albrecht, la comparant à l'athlète de 38 ans médaillée olympique en patinage de vitesse et en cyclisme.

La mince ligne jaune

Sam Witmitz a enlevé la première étape du Grand Prix cycliste de Saint-Raymond au sprint. Il s'en est fallu de peu pour que l'Australien de l'équipe Garneau ne termine pas sa course. Tout comme les 189 autres coureurs à prendre le départ. Les deux policiers de la Sûreté du Québec ont freiné le peloton après trois tours. Interdiction de franchir la ligne jaune centrale sous peine d'exclusion. Ou même d'annulation de l'épreuve. La route encerclant le lac Sept-Îles n'étant pas fermée à la circulation automobile, les risques d'accident devenaient trop élevés. Plus nombreux, les hommes seniors élite étaient aussi les plus délinquants.

«Les commissaires ne font pas leur job», a constaté l'organisateur de la compétition, Jean-Yves Labonté, affirmant qu'aux États-Unis, la disqualification d'un coureur pour cette raison est courante. «Ça peut arriver pour éviter une chute. Mais là, ils passaient à gauche clairement pour s'avantager», a reconnu la directrice technique de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Josée Robitaille. Witmitz a devancé Pierrick Naud et Hugo Houle. Aujourd'hui, la deuxième étape s'étire sur 133,8 km. Olivier Bossé

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