«Je n'y croirai pas tant que je ne le verrai pas», tranche l'entraîneur, Robert Spon, à propos du retour de Spears ce midi, à l'aéroport de Québec, après un essai en Jordanie. L'assurance de compter sur le colosse en ronde éliminatoire adoucira la perte de Barkley, qui suivra néanmoins ses coéquipiers dans l'État de New York pour la partie de samedi.
Barkley a bel et bien disputé le minimum de quatre matchs réguliers pour être admissible aux séries. Mais ses deux dernières sorties sont la conséquence d'un manque de personnel. Parce que les Kebs ne disposaient que de sept joueurs au lieu du minimum de huit, jeudi et dimanche derniers, Québec a pu utiliser Barkley grâce à une dérogation au règlement. La direction de la Premier Basketball League (PBL) affirme donc que ces deux matchs ne comptaient pas pour établir son admissibilité et qu'il n'a ainsi pas joué les quatre rencontres requises.
Les Kebs devront de nouveau être réduits à sept pour réintégrer Barkley. Une très mince possibilité si Spears (6'10'', 260 lb) leur fait faux bond et qu'un Jonas Pierre (6'11'', 245 lb) n'est pas en santé. Ce que personne ne souhaite pour être en mesure de contrer le géant des RazorSharks Jared Carter (7'2'', 255 lb).
«Ça fait trois ans que je coache dans cette ligue et il est évident que c'est Rochester qui mène», expose sans détour Spon. Il met en lumière le double emploi de Severko Hrywnak, à la fois chef de la direction et copropriétaire des RazorSharks et commissaire de la PBL. Son frère, Orest Hrywnak, est aussi copropriétaire, président du club et il dirige les «requins-rasoirs». «Ils ne veulent pas nous voir en finale. Ils veulent une revanche entre Rochester et Lawton», avance le pilote des Kebs.
Rochester a triomphé lors des deux premières campagnes de la PBL en 2008 et en 2009, avant de se faire ravir le titre par le Cavalry de Lawton-Fort Sill l'an dernier. On a affaire à deux puissances du basketball professionnel mineur. Les RazorSharks ont aussi été champions de l'ABA en 2006, tandis que le Cavalry a dominé la CBA en 2008 et en 2009.
Dérapage
L'addition de ces imbroglios pourrait faire déraper la meilleure saison des Kebs depuis leur création comme Kebekwa, il y a cinq ans. Après une campagne inaugurale de 17-11, les représentants de Québec ont connu des saisons de 11-16, 4-14 et 4-16. Le regain de vie sous les ordres de Spon a produit un dossier de 14-6, une deuxième place au classement et l'avantage du terrain en première ronde des séries.
Ce qui a aussi failli être effacé. Comme les Kebs ne parvenaient pas à trouver de lieu pour disputer les rencontres 2 et 3, il s'en est fallu de peu pour que deux affrontements se livrent à Rochester au lieu d'un seul. Ce sera finalement au PEPS de l'Université Laval le mercredi 6 avril et, si nécessaire, le vendredi 8 au Cégep Limoilou. L'équipe a joué ses 10 matchs locaux à l'Université et s'entraîne chaque jour au Cégep.