Ultimate Frisbee: de Tokyo à Chauveau

Marie-Josée Fugère et Yoshi Shimazu ont été les... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Marie-Josée Fugère et Yoshi Shimazu ont été les premiers à organiser une rencontre d'ultimate Frisbee à Québec. Aujourd'hui, ce sport compte près de 5000 adeptes.

Le Soleil, Yan Doublet

Entre son invention, dans le New Jersey, en 1968, et la présentation du plus grand tournoi intérieur au monde, cette fin de semaine, à Québec, l'ultimate Frisbee a fait un petit détour par Tokyo. Ce sport mixte où prime l'esprit sportif doit sa présence dans la capitale à un couple toujours animé de la même passion, les bains publics en moins!

Marie-Josée Fugère raconte. «C'était en avril 1992, j'enseignais l'anglais au Japon. Yoshi organisait des parties d'ultimate Frisbee dans le parc Yoyogi, au centre-ville de Tokyo, et c'est là que je l'ai vu pour la première fois. Il m'a invitée à jouer, il y avait des gens originaires de partout qui venaient jouer, de l'Afrique du Sud, de l'Australie, d'Israël. Je trouvais que c'était une belle activité sociale. Après le Frisbee, on allait tous aux bains publics [tradition japonaise] et à la brasserie. C'est devenu notre rendez-vous du dimanche, un petit rituel.»

Plus que l'amour du disque, c'est le grand amour qui a uni Marie-Josée Fugère et Yoshi Shimazu. Deux ans plus tard, ils sont venus s'établir à Québec. Ils ont aujourd'hui 48 ans, habitent Sainte-Foy et ont deux filles de 10 et 12 ans. Elle enseigne toujours l'anglais, à l'école secondaire De Rochebelle. Il est technicien en architecture chez Hudon, Julien et associés. Cette même firme qui a conçu les plans du stade de soccer intérieur Chauveau, où se déroulent encore aujourd'hui une part des 600 matchs du neuvième Mars attaque. Il s'agit du tournoi d'ultimate à quatre contre quatre par excellence, formule réduite peu développée ailleurs dans le monde.

Même feeling

Shimazu et Fugère ont été les premiers à organiser une rencontre à Québec, au centre de l'anneau des plaines d'Abraham, à l'été 1994. «Ça se faisait déjà

à l'Université McGill, mais ça n'avait pas démarré ici. On avait fait le tour des COFI [centres d'orientation et de formation des immigrants]. On avait des gens de la République dominicaine, du Maroc, du Brésil, et des Québécois s'ajoutaient», se rappelle-t-elle. «On recréait le même feeling qu'à Tokyo, mais il n'y avait pas de bains publics après!» glisse-t-il en riant.

«J'étais sûr que ç'allait devenir gros ici éventuellement, mais pas si gros que ça. C'est incroyable!» s'exclame Shimazu, en regardant la centaine de jeunes en action sous les arches de bois du stade Chauveau. La route a été longue, mais elle en a valu le coup. Il a lui-même appris le jeu durant ses années d'études à l'Université du Massachusetts, avant de le ramener au Japon en 1984. Le passage du couple et de leur disque sur les terrains de l'Université Laval, aux soins du responsable des sports de l'époque, Régis Dumont, constitue aussi un chapitre important dans l'évolution de ce sport chez nous.

L'association régionale Ultimate Québec fête cette année ses 10 ans et compte 1300 membres. Ajoutez à cela des centaines de joueurs dans la ligue d'été de l'UL, ce qui fait de Québec la deuxième puissance dans la province après Montréal. La fédération québécoise, qui compte près de 5000 adeptes, vient d'être reconnue par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, ce qui fait enfin de l'ultimate Frisbee un sport à part entière dans la Belle Province.

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