Celui qui a créé, il y a 28 ans, le club Rocky en a vu passer des boxeurs. S'il s'enthousiasme du succès des actuels champions du monde Lucian Bute et Jean Pascal et de leur influence sur la boxe au Québec, il rappelle que chaque époque a produit ses talents. La bonne santé de la boxe québécoise n'est donc pas une grande surprise pour lui.
À son avis, il s'agit d'une belle progression. «Graduellement, il y a eu un développement plus technique des boxeurs», résume-t-il. Une préparation plus sérieuse des athlètes qui a fait boule de neige, croit Daneault, qui a pu constater l'évolution, alors que les galas prenaient du sérieux. Il indique que l'organisation des camps d'entraînement par Yvon Michel est un autre élément ayant favorisé le développement de la boxe dans la province. Une occasion en or pour partager le savoir-faire de tout un chacun.
Considérant avant tout la boxe «comme un loisir» et se disant moins «business» que son collègue à la tête du Groupe Yvon Michel (GYM), Réal Daneault n'en apprécie pas moins l'apport du Montréalais. «Même si je n'ai pas toujours été d'accord avec lui, c'est ce que j'ai toujours apprécié d'Yvon Michel?: il met 125?% de son temps à la boxe.» Daneault aime également l'idée de GYM de poursuivre sans cesse le développement des jeunes et de profiter des galas pour faire connaître des talents émergents.
Pratique à la hausse
Tandis que Québec vibre dans l'attente du duel de Championnat du monde des mi-lourds entre Jean Pascal et le légendaire Bernard Hopkins, le 18 décembre au Colisée, l'entraîneur du club Rocky constate que l'intérêt ne date pas d'hier pour la pratique de la boxe dans la région. L'attrait pour le sport de combat était déjà à la hausse depuis une dizaine d'années, estime Daneault.
Si plusieurs ne jouent des poings que pour garder la forme, environ le tiers de la clientèle du club dirigé par Daneault le ferait cependant dans le but de monter dans le ring pour un réel combat. Et de la quarantaine de membres du Rocky, il y a maintenant des filles. L'entraîneur se dit d'ailleurs impressionné par quelques-unes de ces nouvelles combattantes. «Aujourd'hui, il y a des filles qui boxent mieux que certains gars!»
Tirant satisfaction à voir évoluer un athlète de ses débuts à l'atteinte de son plein potentiel, Daneault poursuit sa quête du prochain champion. «Il y a beaucoup de monde dans les gyms, mais il y a peu d'élus», observe Daneault. Pour trouver et encadrer la future perle rare, l'entraîneur a appris à déléguer et s'est entouré de deux de ses anciens protégés. S'il garde son mot à dire sur tout l'encadrement des athlètes du club, Daneault passe tranquillement le relais à ses adjoints Nicolas Valcourt et Simon Martineau.
Celui qui a notamment été derrière les succès de Michel Morin et de David Sévigny, dans les années 80-90, croit qu'il lui reste encore de beaux moments à vivre avec d'autres boxeurs prometteurs. Le potentiel du jeune Michael Blanchet, 14 ans, emballe particulièrement le coach. L'adolescent se prépare d'ailleurs à participer aux qualifications des championnats canadiens chez les 15-16 ans. Un talent à surveiller de près et qui devrait faire parler de lui avant longtemps, assure Daneault, une vive lueur dans le regard.
Jean Pascal, sans hésiter
Quand vient le temps de prédire le gagnant du duel à venir entre le Québécois Jean Pascal (26-1, 16 K.-O.) et l'Américain Bernard Hopkins (51-16-1, 32?K.-O.), le 18 décembre au Colisée Pepsi, Réal Daneault n'a aucune hésitation. «Jean Pascal va l'emporter! Ce sera un combat serré, technique, mais Pascal va gagner», analyse l'entraîneur en chef du club de boxe Rocky. Daneault se rappelle les premières fois qu'il a croisé le boxeur haïtien, aujourd'hui champion du monde chez les mi-lourds de la WBC. «Quand je l'ai connu, il avait 14 ans», raconte le coach, en imageant de la main la taille d'adolescent du jeune espoir, qui a depuis bien grandi.