«Quand j'ai pris ma retraite, j'étais un peu où il est présentement, dans le sens qu'il a eu de gros combats. Un moment donné, physiquement, ça te rattrape. Mentalement aussi. Tu deviens fatigué de t'entraîner, de te préparer, de livrer de gros combats. Comme moi, je l'étais en 2006 quand j'ai pris ma retraite. J'étais rendu là...» a analysé Lucas, ancien champion du monde WBC des super-moyens.
«Aujourd'hui, je me présente ici dans un état d'esprit parfait. Mon corps est moins magané qu'en 2006. Même si j'ai vieilli, j'en ai pris soin et il est en meilleure condition.» Pour Lucas (39-7-3, 15 K.-O.), il n'y a aucun doute qu'il est «moins usé» que son vis-à-vis de 31 ans, qui est notamment tombé face à Lucian Bute, à Québec, en novembre dernier (K.-O. au quatrième round).
Malgré son rôle de négligé, le Québécois de 38 ans - il aura 39 le lendemain du combat - voit dans sa condition actuelle et dans son état d'esprit de véritables avantages avec lesquels il compte bien causer une surprise. Il faut dire que Lucas joue gros pour son deuxième combat depuis son retour. Idem pour Andrade. Dans les deux cas, une défaite au gala de demain soir risque de faire mal à leur carrière professionnelle, voire peut-être d'en signifier la fin.
De son côté, Andrade (28-3-0, 21 K.O,) se dit en pleine possession de ses moyens. Invité par Le Soleil à comparer le boxeur qui s'était amené à Québec en novembre pour affronter Bute et celui qui se présente cette fois-ci contre Lucas, le Mexicain d'origine a été catégorique : «C'est très différent!» Andrade a raconté qu'il avait senti un grand manque d'énergie dans la semaine menant au combat contre Bute. «J'étais vidé! Cette fois, je me sens beaucoup plus détendu.»
«Petits lapins» à sortir
Lucas se retrouve également en confiance parce que son entraîneur Stéphan Larouche est aussi celui de Bute. L'homme de coin possède donc une bonne une idée du répertoire d'Andrade. «Je connais ses moves. Je connais ses réactions, ses habitudes, son intensité. C'est ça qui est le fun pour moi», a résumé Larouche.
«C'est un avantage, les failles de Librado, Stéphan les connaît bien, a apprécié Lucas. Ce qui est le fun, c'est qu'on a plusieurs possibilités. On n'attend pas juste une erreur. On sait qu'on a deux ou trois affaires, deux ou trois petits lapins qu'on peut sortir pour causer la surprise.»