Du lit d'hôpital au rêve de Rio

Champion olympique du 110 m haies récemment greffé... (AFP, Karim Jaafar)

Agrandir

Champion olympique du 110 m haies récemment greffé d'un rein, Merritt veut défendre son titre à Rio.

AFP, Karim Jaafar

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Doha

Le scénario de sa vie a tout pour plaire à Hollywood : transplanté d'un rein en septembre, l'Américain Aries Merritt, champion olympique en titre et recordman du monde du 110 m haies, espère défendre son titre cet été à Rio.

«Si je gagne, ça vaudrait un film, c'est sûr», sourit Merritt avant son 110 m haies, où il a terminé sixième (13,37) en ouverture de la Ligue de diamant d'athlétisme, vendredi à Doha. Deux cent quarante-huit, c'est le nombre de jours qui se sont écoulés entre la transplantation qu'il a subie et sa participation à la réunion qatari, qui symbolise son retour au plus haut niveau.

Une médaille d'or aux JO de Rio (du 5 au 21 août) constituerait l'un des plus beaux retours de l'histoire du sport. Sur le chemin qui lui reste à parcourir pour aller au Brésil, l'athlète de 30 ans se veut ambitieux, mais prudent.

«Faire partie de la sélection, ce serait déjà une énorme histoire, personne n'a jamais été transplanté d'un rein pour ensuite courir dans les 12 mois suivants», déclare-t-il. «Ce que je tente est quasiment l'impossible.»

Ses problèmes de santé sont devenus tangibles lors des Mondiaux de Moscou, en 2013. Arrivé en bonne forme, Merritt se retrouve à batailler dès les séries, pour finalement prendre une décevante sixième place en finale. «Je suis allé là-bas et je ne pouvais pas terminer ma course alors que je suis bon et un homme de championnats», déplore-t-il. «Je suis rentré à la maison et je suis tombé malade.»

Il était, en fait, malade bien plus gravement qu'il ne l'imaginait. Après une batterie de tests, on lui diagnostique une maladie génétique rare des reins : la glomérulosclérose segmentaire et focale. C'est-à-dire, comme le dit Merritt avec humour : «un nom bizarre, exagérément long».

Dans les faits, pourtant, cela n'a rien de drôle. Pour résumer, son système immunitaire attaque ses reins. Dans un premier temps, Merritt pense que le mal est facilement traitable, mais à mesure que sa santé décline, la transplantation devient la seule issue possible. Ses reins ne fonctionnent plus qu'à hauteur de 20 %.

Rumeurs de dopage

L'athlète fait cependant le choix de ne pas rendre publique sa maladie, ouvrant la porte aux rumeurs. «Je pensais que ce serait comme tout et que ça passerait avec le temps jusqu'à me permettre de retrouver un état normal. Il y a eu des spéculations sur le fait que je prenais des produits, et que je ne courrais plus vite parce que j'avais justement arrêté de prendre ces produits. Mais je faisais face à des problèmes de vie, pas de dopage.»

Sur la piste, Merritt renverse tout de même des montagnes, en décrochant une incroyable médaille de bronze aux Mondiaux de Pékin en 2015. C'est durant ces championnats qu'il rend publiques sa maladie et sa prochaine transplantation, quatre jours après la finale mondiale.

Sa soeur Latoya sera la donneuse. «Elle est venue me voir. Elle savait que j'avais besoin d'un rein. Il n'y avait aucun doute, aucune hésitation dans son esprit.»

Merritt sera transplanté le 1er septembre 2015, et retrouve l'entraînement le 20 décembre, pour un cadeau de Noël anticipé. Désormais, l'objectif Rio est lancé.

Deux mois de retard

Merritt a calculé qu'il compte actuellement deux mois de retard sur son programme d'entraînement, qu'il doit adapter à l'actualité sanitaire. Il a ainsi dû prendre des médicaments supplémentaires afin de se protéger du virus Zika.

«Chaque jour, j'ai un cocktail de pilules, en gros sept le matin, cinq le soir. Je suis sous immuno-dépresseur [pour éviter le rejet de la greffe] et ce sera le cas toute ma vie.»

La semaine dernière, pour sa première course depuis l'opération, il a signé un 13,61 alors que son record du monde est de 12 s 80/100e. Il devra progresser à grande vitesse dans l'optique des sélections américaines, en juillet à Eugene (Oregon), où seuls les trois premiers obtiendront leur ticket.

«Je suis très confiant sur le fait qu'en juillet mon corps sera en très bonne forme, parce qu'en juillet c'est toujours le cas», explique Merritt. Et une fois qualifié, il ne se fixe aucune limite. «Il n'y a jamais de limite, quand vous êtes aux JO, des choses extraordinaires arrivent.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer