La Vallée de la mort à vélo

Nouvellement élu cycliste par excellence au Canada, l'Almatois Léandre Bouchard... (Gimmy Desbiens)

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Gimmy Desbiens

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Julien Renaud
Le Soleil

(CHICOUTIMI) Nouvellement élu cycliste par excellence au Canada, l'Almatois Léandre Bouchard se prépare pour l'aventure d'une vie. L'étoile montante du cyclisme se rendra au camp d'entraînement de l'équipe québécoise en Californie, en avion... et à vélo! Il pédalera 700 kilomètres et affrontera la Vallée de la mort, dans son périple qui le mènera de Las Vegas à Los Angeles. Comme quoi sa passion pour le cyclisme n'a aucune limite.

«Je pense qu'il y a juste moi qui est assez fou pour faire ça», annonce-t-il, la voix empreinte d'un malin plaisir. Ce plaisir qu'aucun triomphe n'éclipsera, ce plaisir qui est tout simplement synonyme d'un amour pour l'aventure, pour son sport.

En effet, Bouchard n'a pas seulement reçu un talent exceptionnel en cadeau. Il a aussi cette simplicité déconcertante, cette désinvolture, qui saura assurément lui servir dans son parcours professionnel. Après tout, le sport, c'est d'abord un loisir, une passion.

Parlant de cadeaux, c'est le 25 décembre que l'aventure de l'Almatois prendra son envol. Bouchard se rendra à Las Vegas en avion, puis les cinq jours suivants lui feront vivre une kyrielle de sensations. Il parcourra quelque 700 kilomètres, ce qu'il appelle son «petit détour pour se rendre à Los Angeles».

«Je compte environ cinq jours pour arriver à Los Angeles. Je suis capable de faire 150 km par jour. En arrivant, je vais prendre une journée et demie de repos pour ensuite commencer l'entraînement avec l'équipe du Québec. J'ai choisi Las Vegas parce que je trouvais que c'était juste assez bien éloigné et il y avait le Parc national de la Vallée de la mort. Je regardais des photos et je trouvais ça beau, poursuit-il. Il me semble que ça va être de beaux panoramas. Aussi, le désert, c'est plus aride. Ça m'intéressait de me plonger là-dedans.

«Pour moi, le mois de janvier, c'est le meilleur moment. De toute façon, c'est la période de l'année où je fais du volume. C'est sûr que c'est un peu excessif, mais ça rentre dans mon volume d'entraînement», note-t-il avec une touche d'humour.

Soif d'aventures

Bouchard combinera deux de ses grandes passions en réalisant ce périple : le cyclisme et le plein air. «J'aime beaucoup les aventures, le plein air, le hiking. J'ai eu la piqûre pour de tels voyages quand mon ami Joé Dufour a traversé le Canada. J'avais été le rejoindre à Saint-Jérôme jusqu'à Alma», partage le fleuron du club de vélo de montagne Cyclone d'Alma.

L'an dernier, Bouchard a réalisé un premier voyage de grande envergure. «J'ai fait un voyage semblable, de Los Angeles à Tucson [Arizona], en passant par le Grand Canyon. C'était un plus gros voyage, 1000 kilomètres de vélo en neuf jours, incluant une journée et demie de hiking dans le Grand Canyon», relate celui qui a notamment devancé les Svein Tuft, Rémi Pelletier-Roy et Ryder Hesjedal au scrutin du cycliste par excellence du Canada.

Zone de confort

La peur de l'inconnu, Léandre Bouchard ne l'a pas. Il n'hésite jamais à sortir de sa zone de confort, ce qui impressionne bien des gens autour de lui.

Questionné sur la réaction de ses coéquipiers lorsqu'il leur parle de ses aventures, Léandre a laissé échapper un rire. «Il y en a qui sont impressionnés, qui disent: ''C'est dont ben hot! ''. Il y a en d'autres, surtout mes coéquipières féminines, qui me disent: ''Mais t'as pas peur tout seul dans ta tente? ''. Pour eux, c'est dangereux, mais, moi, je suis bien à l'aise avec ça. J'aime sortir de ma zone de confort.»

Certains coéquipiers avaient d'ailleurs signifié à l'Almatois leur intérêt pour participer à sa prochaine épopée, après son périple de Los Angeles à Tucson. «Au moment venu, ils disent qu'ils doivent s'équiper. Je crois qu'il y a une certaine peur de l'inconnu», soulève-t-il.

Son entraîneur, Jude Dufour, est réticent devant les risques encourus par son protégé. «Mon coach est un peu craintif. Il ne veut pas que je tombe malade, que je sois fatigué. Il a tendance à peser sur le frein un peu, mais il sait qu'il n'a pas le choix non plus de me laisser aller», rigole Léandre Bouchard.

En fait, pour le jeune athlète, de telles aventures ne peuvent que bonifier sa forme physique et avoir un impact favorable sur ses prestations. «L'an passé, j'ai fait mon plus gros voyage et j'ai eu ma meilleure saison. Le cycliste Svein Tuft (coureur canadien de renom), qui était aussi concurrent pour le meilleur cycliste canadien, a souvent fait des voyages comme ça. Il traînait même son chien sur un ''trailer''. Il a même déjà descendu de Victoria (Colombie-Britannique) jusqu'en Californie pour un camp. Je pense que ça montre que ce n'est pas mauvais!», conclut-il.

Visages familiers

Même s'il affrontera la Vallée de la mort seul, Léandre Bouchard retrouvera des visages familiers à Los Angeles, alors qu'il ira rejoindre les cyclistes de l'équipe du Québec. D'ailleurs, plusieurs athlètes de la région y seront: Catherine Fleury, Elliott Doyle, Catherine Hamel, Rachel Pageau et Samuel Tremblay.

Le camp d'entraînement de l'équipe du Québec s'échelonne du 20 décembre au 18 janvier. «On avait la possibilité d'y aller n'importe quand entre ces deux dates. La majorité des personnes viennent en même temps que moi, vers la fin. Dans mon cas, ça va me permettre d'être de retour pour le début de mes cours à l'UQAC», explique l'Almatois.

«Ce sera des journées de trois ou quatre heures de vélo. C'est principalement du volume, pour travailler notre endurance. On va se ''challenger'' entre nous. C'est la période de l'année où on travaille la surcharge», détaille-t-il.

Il est fréquent que des cyclistes canadiens se rendent en Californie en raison du climat propice à l'exercice de leur sport. «J'y suis allé souvent, cinq ou six fois, aussi bien avec l'équipe du Québec que l'équipe nationale. C'est un très bel endroit pour s'entraîner. Le fonctionnement aux États-Unis ressemble à celui au Canada, et c'est une place chaude», met en relief le cycliste.

Au total, de 20 à 25 cyclistes québécois participeront au camp d'entraînement.

EN BREF...

Un équipement complet, mais minimaliste

À quelques jours du grand départ, Léandre Bouchard prépare son kit de survie. «J'utilise mon vélo de cyclocross Devinci Tosca que j'adapte pour installer des ''racks'' à bagages. Je peux installer deux bagages à l'avant, deux à l'arrière, ainsi qu'une petite sacoche au guidon. Mon tapis de sol et mes piquets de tente, je peux les mettre sur le dessus de mon ''rack'' arrière. C'est beaucoup de matériel, mais il faut être en même temps très minimaliste. Tout ce que j'amène, je dois le trimballer. J'apporte donc le strict minimum», détaille-t-il.

Du fast-food à la tonne

L'Almatois délaisse les saines habitudes que lui impose son rôle de sportif professionnel lors de ses grandes épopées. «En roulant toute la journée, je brûle énormément de calories. J'ai déjà une bonne fourchette, et en voyage, je mange encore plus. Mais mon alimentation ces jours-là n'est pas des plus modèles. Je m'alimente dans les dépanneurs et les ''fast-food'' parce que je veux aller le plus vite possible. J'essaie de prendre ce qu'il y a de mieux, mais le mieux est souvent à désirer. À mon arrivée au camp, je retrouve mes bonnes habitudes», dit-il, tout en rigolant au bout du fil.

En plus de manger dans les dépanneurs et restaurants qu'ils croisent sur sa route, Léandre Bouchard fait le plein de provisions dans les épiceries. «Je me garde une sacoche pour ma nourriture, et je fais le plein quand je croise une épicerie», affirme-t-il.

Toutefois, un périple dans le désert peut être synonyme de longs segments de vélo sans pouvoir faire le plein. «J'ai quelques sachets de nourriture déshydratée si je ne croise pas de dépanneurs pendant une longue séquence. Je m'attends à des sections assez longues sans ravitaillement. Je vais me ''blinder'' pour la nourriture et l'eau», rassure-t-il.

Un dodo bien camouflé

L'ancien camelot du Quotidien installe sa tente vers 17h, avant que la nuit tombe, dans un lieu très discret. «J'aime mieux être loin de la civilisation pour mon campement. Normalement, c'est vraiment au milieu de nulle part, une place discrète au bord de la route. J'essaie de trouver un endroit où c'est quasiment impossible de me trouver», souligne le prometteur athlète.

Sur l'autoroute

Léandre Bouchard circulera sur l'autoroute pour parcourir la distance séparant Las Vegas et Los Angeles. Pourquoi? La réponse est simple: il s'agit de l'unique lien routier. «J'avais aussi passé sur les autoroutes l'an dernier. C'est autorisé, étant donné qu'il n'y a pas d'autres routes qui relient les deux villes. C'est une route assez tranquille. Il n'y a pas tant d'achalandage que ça, et ce sont des routes assez belles», note-t-il.

En sécurité

Si certains s'inquiètent pour sa sécurité, Léandre affiche un calme olympien, lorsque questionné sur cet aspect. «L'avantage d'être sur la route, c'est que s'il m'arrive un pépin majeur, il y a des passants en véhicule. Aussi, j'ai un appareil satellite parce que je dois fournir ma position à l'Agence mondiale antidopage. Je suis capable de fournir ma position, et j'ai deux autres boutons de sécurité, un pour envoyer une alerte à mes contacts et un pour les grandes urgences qui appellent les autorités locales les plus proches», précise-t-il, avec une assurance manifeste.

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