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À leur arrivée à Québec au début janvier,... (Image tirée d'une vidéo du Soleil)

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À leur arrivée à Québec au début janvier, Abdalah Al Mashhadani et ses cinq enfants avaient rencontré les médias au Centre multiethnique de Québec, qui joue un grand rôle dans l'accueil des nouveaux citoyens.

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Québec ville d'accueil

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Québec ville d'accueil

La grande région de Québec s'est inscrite dans le mouvement général d'accueil lors de la récente crise des réfugiés syriens. Par cette série d'articles, Le Soleil s'intéresse aux services offerts aux nouveaux venus, allant des besoins de la vie quotidienne en passant par les loisirs et le travail. »

<p>Camille B. Vincent</p>
Camille B. Vincent

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) 1er de 4 / La grande région de Québec s'est inscrite dans le mouvement mondial d'accueil des réfugiés syriens. Dans cette série d'articles, Le Soleil se penche sur les services offerts aux immigrants et sur la manière avec laquelle ils s'intègrent dans la région. Tour d'horizon de ce que représentent l'arrivée, la vie quotidienne, l'emploi et les loisirs pour ces nouveaux venus. Cette semaine, la chronologie de l'arrivée. Prochaine parution: 27 mars

Le premier contact

Le premier contact d'un immigrant avec sa terre d'accueil peut être diamétralement opposé selon qu'il s'agisse d'un travailleur qualifié ou d'un réfugié (voir plus bas). C'est qu'étant donné le statut du réfugié, ce dernier est différemment pris en charge par le gouvernement dès son arrivée.

Une fois débarqués à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal, ou à l'aéroport Pearson, à Toronto, tous les réfugiés destinés à la région de Québec sont transportés en autobus vers leur nouvelle ville. Et hivers québécois obligent, des vêtements chauds sont distribués à l'aéroport par l'État aux réfugiés qui arrivent entre le 15 octobre et le 15 avril.

«Entre le 15 avril et le 15 octobre, c'est nous qui devons les inciter à aller chercher des vêtements d'hiver, ce qui n'est pas toujours évident en plein mois de juillet pour une personne venant d'un pays chaud», relate Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec (CMQ), l'organisme mandaté par le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion pour accueillir les quelque 800 à 1300réfugiés pris en charge par l'État qui s'installent à Québec chaque année.

Bien qu'il ait accès à plusieurs ressources, le travailleur qualifié est quant à lui laissé plus rapidement à lui-même. «Un travailleur qualifié a beaucoup de besoins, mais va peut-être être un peu plus rapidement autonome dans son installation, dans son intégration», explique Dominique Lachance.

L'hébergement

À l'arrivée, le réfugié est accueilli au CMQ, qui offre 20 chambres ayant «été pensées en fonction des besoins des réfugiés», précise Mme Lachance. Il y sera hébergé de 5 à 10 jours, soit le temps de trouver un logement et d'effectuer les démarches administratives pressantes. Et le CMQ sera là durant toutes ces étapes afin de lui prêter main-forte.

Un montant d'argent appelé «forfait à l'installation» est remis par le gouvernement à chaque nouveau réfugié. «C'est carrément un chèque qui est émis» et qui sert aux premières dépenses, telles que l'achat de vêtements de base, d'articles ménagers et de nourriture, mentionne Mme Lachance. Pour une famille de trois enfants en bas âge, le forfait à l'installation correspond à 2000 $. À cela s'ajoute quelque 1000 $ si la famille n'a pas reçu de vêtements d'hiver à son arrivée à l'aéroport.

L'ameublement du logement ne fait pas partie du forfait à l'installation, note Dominique Lachance, mais est payé par le gouvernement. Avec ses 23 ans de carrière au CMQ, elle remarque toutefois que «de moins en moins d'affaires sont données [aux réfugiés par l'État]. Ils ont enlevé beaucoup, beaucoup de choses. [...] Les vêtements usagés, ça, il y en a. Mais les meubles, on n'en a pas beaucoup».

L'accompagnement

À peine deux jours après son arrivée à Québec, le réfugié passe une «entrevue d'accueil» au Centre multiethnique de Québec afin d'établir ses besoins. S'ensuivent des suivis à domicile, une fois que le réfugié a emménagé dans son nouveau logement. «Dans les premières semaines, c'est assez intensif», dit Mme Lachance. «Une fois installés dans leur appartement, on a peut-être quatre suivis à domicile, toutes les semaines. Après ça, ils viennent pour des suivis collectifs.»

Dominique Lachance estime que chaque nouveau venu peut se rendre en moyenne deux ou trois fois par semaine au CMQ durant sa première année à Québec.

La paperasse

Le CMQ offre également son soutien pour tous les programmes publics québécois auxquels doivent s'inscrire les nouveaux arrivants. Ce soutien peut être ponctuel ou constant, selon les besoins de chacun. En ce qui a trait aux réfugiés, «on fait les démarches», dit Mme Lachance. «Et c'est un gros travail!»

Démarches administratives, allocations familiales, aide sociale, assurance maladie, francisation, inscription des enfants à l'école ou à la garderie, numéro d'assurance sociale : les sources de confusion ne manquent pas. Et Mme Lachance remarque que les gouvernements offrent de moins en moins de services régionaux aux immigrants. «Les deux paliers de gouvernement, c'est pas fort, fort régionalement. Ils fonctionnement uniquement avec des lignes téléphoniques ou des services en ligne. C'est bien beau le service en ligne, mais quand t'as pas l'ordinateur ou que tu comprends pas la langue... On tend à déshumaniser en se disant que les gens sont de plus en plus habiles, mais [...] c'est difficile pour tous les Québécois, alors imaginez les immigrants!»

En un mot

Réfugié › une personne qui a dû fuir son pays d'origine afin d'échapper à un danger (guerre, persécutions politiques ou religieuses, etc.). Accueilli sous le principe de l'aide humanitaire, le réfugié pris en charge par l'État acquiert le statut de résident permanent.

Travailleur qualifié › une personne choisie par un pays d'accueil grâce à ses compétences, qui répondent à des besoins particuliers du marché du travail.

Sources : Le Petit Robert 2013 et le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion

Quelques chiffres

  • 12,6 %: proportion que représentent les personnes immigrées au Québec dans la population totale québécoise dans l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011
  • 50 275: nombre d'immigrants accueillis en 2014 au Québec
  • 44 246: nombre d'immigrants accueillis en 2004 au Québec
  • De 800 et 1300: nombre d'immigrants reçus au Centre multiethnique de Québec chaque année
Sources: Centre multiethnique de Québec, ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion

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