Cannabis: ne prenons pas un train sans conducteur

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Les auteurs de la lettre craignent que les gouvernements des provinces ne disposent pas de suffisamment de temps pour baliser adéquatement la consommation de cannabis.

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Le Soleil

Lettre ouverte à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Madame Lucie Charlebois

Les consultations publiques sur la future loi-cadre québécoise découlant de l'engagement du gouvernement fédéral à légaliser le cannabis viennent de prendre fin. Cette loi-cadre devrait, selon les dires du gouvernement, présenter «une approche globale et intégrée, orientée sur des objectifs de sécurité et de santé publique».

La Confédération des organismes familiaux du Québec (COFAQ) et la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM) sont deux organismes québécois à caractère provincial dont les missions sont axées sur le soutien et la défense des intérêts des familles. Nos deux organisations sont reconnues pour leur expertise par le gouvernement provincial, et ce, en regard de nos connaissances sur les réalités et les besoins des cellules familiales. Dans cet esprit, vous comprendrez qu'à titre de parents, nous sommes interpellés par la future loi-cadre devant régir la commercialisation du cannabis, et ce, comme bien des acteurs de notre société : policiers, médecins de famille et spécialistes, corps enseignant, infirmières, travailleurs sociaux, etc.

Nous avons écrit récemment à la ministre de la Justice fédérale, Jody Wilson-Rayboud, afin qu'elle repousse la date butoir du 1er juillet 2018. Il s'agit, selon nous, d'un objectif trop rigide, puisque les provinces sont appelées à prendre en charge la mise en place du projet de loi, un exercice très laborieux qui nécessite du temps.

Le gouvernement fédéral est la locomotive de ce projet, a-t-il pris le temps de s'assurer que ses wagons sont bien accrochés? Nous sommes convaincus que non. Pour l'instant, le gouvernement fédéral se veut inflexible sur la date butoir, mais nous croyons que le gouvernement du Québec peut s'allier d'autres provinces en s'appuyant sur l'opinion d'experts et de groupes communautaires plus que crédibles. Madame la ministre, votre défi est grand. Vous devez proposer un encadrement sécuritaire pour l'ensemble des jeunes Québécois. Votre but n'est pas inaccessible, mais nous sommes d'avis que vous devez assumer davantage de leadership face au gouvernement fédéral.

L'enjeu est crucial, car vous devez préparer le terrain, baliser l'utilisation du cannabis, prévoir le soutien aux éventuelles victimes et à leurs familles. Aujourd'hui, Madame Charlebois, nous parlons au nom de milliers d'hommes et de femmes qui, tout comme nous, sont des parents inquiets. Les risques de dérapage existent, les experts que vous avez consultés vous ont rappelé les menaces liées à une augmentation de la consommation du cannabis, principalement pour les plus jeunes présentant des risques d'être atteints de maladie mentale.

Pour les familles, les conséquences peuvent être dévastatrices. Plusieurs intervenants ont souligné leurs inquiétudes face à l'impact du cannabis chez les jeunes adultes, notamment la limite d'âge qui devrait être repoussée à 21 ans. Il s'agit là d'un seul exemple qui démontre que les jeunes et leurs familles ne méritent pas que l'on bouscule les étapes.

Le projet de légalisation du cannabis propose un changement de culture qui répond à une préoccupation bien réelle dans notre société. Il s'inscrit cependant dans un ensemble de préoccupations : santé publique, sécurité routière et développement des jeunes. Force est de constater que la locomotive fédérale ne semble pas avoir pris en considération tous ces facteurs. Les organismes communautaires et bien d'autres groupes de la société civile sont prêts à vous appuyer dans ce processus complexe, encore faut-il avoir le temps de prendre le train.

Madame la ministre, au nom des milliers de familles que nous représentons, nous faisons appel à votre bon jugement et à votre leadership pour assurer la mise en place d'une législation qui sera constructive et non pas destructrice. Une loi dont le Québec pourra être fier et non pas le contraire.

Jean-Christophe Filosa, président de la COFAQ

Yves Gélinas, président de la FFAPAMM




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