La récréation est aussi un temps d'apprentissage

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Le Soleil

(Québec) En réaction au texte «La récréation, un droit et non un privilège», paru le 1er septembre

J'ai lu avec une certaine tristesse l'article de Patricia Cloutier dans mon quotidien préféré.

J'ai 75 ans et j'ai enseigné à tous les niveaux. Y compris à des enseignants, futurs ou en exercice, des deuxième et troisième cycles universitaires. Que des conseillères pédagogiques en soient réduites à publier une double page pour convaincre leurs collègues que les enfants ont besoin de récréation, indispensable temps de pause, est tout simplement navrant. Les adultes eux-mêmes n'en éprouvent-ils pas le besoin? Car la fameuse «récré» n'est pas réservée aux maternelles et aux primaires. Jeunes et moins jeunes en ont tous besoin. Si les plus jeunes en profitent souvent pour libérer un trop plein d'énergie, ce n'est pas là l'intérêt premier de ce moment d'autonomie. 

Julie Delalande, entre autres, l'a magistralement démontré et un de ses articles récent, La récréation - Le temps d'apprendre entre enfants, très facile d'accès, doit être recommandé à tous les éducateurs, institutionnels ou non. Elle définit la récréation comme un «temps de l'entre soi où les élèves expérimentent les outils et les règles de la vie en société. C'est un moment fondamental de leur enfance où ils ont l'initiative de leurs activités.» La récréation participe des rythmes scolaires, qui ont provoqué tant de débats au siècle dernier (voir, par exemple, les multiples travaux d'Huber Montagner) et sur lesquels si peu de décideurs ont tranché dans nos pays dits développés. Les temps de pause ne sont pas réservés aux seuls petits. Dès la fin du primaire, à l'époque de la préadolescence, on a bien d'autres choses à partager et d'autres apprentissages à faire. Et cela se poursuit à tous les âges de chaque aventure personnelle.

Cessons-nous réellement d'apprendre? Je ne le crois pas. Ces contacts entre individus, qui permettent de comprendre les codes du groupe, de reconnaitre ses valeurs sociales et d'y trouver sa place, caractéristiques de la récré, sont indispensables à tous, dans tous les contextes : ils facilitent la vie collective, de la cellule familiale aux rencontres interculturelles.

Michèle Prince, Ph.D., Québec




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