Où en est la création du Conseil des universités?

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La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU) demande à la ministre Hélène David (photo) d'aller de l'avant en créant un Conseil des universités.

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Le Soleil

(Québec) Lettre à Hélène David, ministre responsable de l'Enseignement supérieur

Le 2 septembre 2017 marque l'anniversaire du lancement de la consultation publique par le ministère de l'Enseignement supérieur sur la création d'un Conseil des universités (CU) dont les travaux devaient débuter avec l'actuelle rentrée universitaire, tel que vous l'annonciez publiquement en juillet 2016. Saluant cette initiative, qui répondait à une revendication de longue date, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU) s'est ardemment engagée dans ce processus. Notre déception est grande aujourd'hui, puisque nous déplorons encore l'absence de cette instance dont le réseau universitaire québécois a cruellement besoin.

L'absence d'un interlocuteur compétent au sein du Ministère, conjuguée au manque d'expertises et de données fiables, mine en effet la capacité du réseau de se développer de façon intégrée, laissant la voie libre à l'improvisation, aux décisions arbitraires et aux mesures discrétionnaires. C'est sans compter les coûteuses dérives en délocalisations de campus liées à la compétition stérile que se livrent les établissements pour attirer les mêmes effectifs étudiants ainsi que l'accaparement disproportionné des ressources par les administrations pour satisfaire aux exigences excessives de reddition de comptes établies par le Conseil du trésor en réponse à leur gestion opaque.

La communauté universitaire favorable à la création du CU

Rappelons que, de concert avec les autres groupes de salariés et les associations étudiantes, la FQPPU a vigoureusement plaidé en faveur de la mise en place de ce Conseil pourvu :

- Qu'il soit composé d'une majorité de membres issus de la communauté universitaire québécoise;

- Qu'il ait le statut d'organisme public indépendant;

- Qu'il dispose de son propre budget, voté annuellement par l'Assemblée nationale;

- Qu'il ait une mission de conseil et de coordination du développement du réseau;

- Qu'il documente et analyse les données sur le financement des universités québécoises;

- Qu'il s'appuie notamment sur les principes d'accessibilité aux études postsecondaires, d'autonomie institutionnelle, de liberté universitaire et de collégialité propres à une conception de l'université comme service public;

- Qu'il ne conduise pas à l'implantation de mécanismes d'assurance qualité, qui se traduisent par une coercition s'exerçant tant sur le personnel que sur la population étudiante, et à la standardisation des contenus pédagogiques.

Les suites de la consultation : le rapport Corbo

Le rapport de consultation rendu public le 23 mars 2017, signé encore une fois par M. Claude Corbo, qui en avait rédigé un premier en 2013, répondait en grande partie à nos préoccupations, comme nous vous l'avons alors mentionné. Nous souscrivons notamment aux recommandations favorisant l'uniformisation des processus de reddition de comptes et pour la standardisation des méthodes comptables. Ces mesures amélioreront l'efficience administrative des universités et faciliteront un suivi budgétaire. Nous sommes également particulièrement satisfaits de la recommandation de créer, au sein du CU, un comité permanent d'analyse financière. Vous procurant, ainsi qu'à vos successeurs, un éclairage précieux, celui-ci permettra de corriger les distorsions structurelles qui ont cours depuis trop longtemps en matière de financement des universités au Québec.

Certains des éléments contenus dans ce rapport nous laissent cependant perplexes. Par exemple, nous aurions souhaité, dans une perspective de transparence, que non seulement les travaux, mais également les données brutes colligées par le CU puissent être rendues publiques. De plus, nous saisissons mal que 3 des 19 sièges votants soient occupés par des «universitaires venant de l'extérieur du Québec», alors que des groupes d'ici sont peu ou pas représentés. 

Un silence inquiétant

Ces réserves pouvant, à nos yeux, être aisément levées dans le cadre d'une discussion élargie à l'ensemble des parties prenantes, nous étions convaincus au printemps dernier que le calendrier de mise en place du CU pouvait être respecté. L'annonce de la tenue d'une commission parlementaire sur le sujet semblait alors une formalité.

Comment expliquer le silence depuis lors autour de ce projet? La démarche n'était-elle finalement destinée qu'à détourner l'attention des acteurs du réseau? Les pressions venant d'autres sources ont-elles eu raison de vos ambitions? L'approche des prochaines élections conduit-elle votre gouvernement à reculer dans ce dossier?

Jean-Marie Lafortuneprésident de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU)




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