Et pourquoi pas un «troisième lien» intelligent?

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Selon l'auteur de cette lettre d'opinion, la résolution du problème de la mobilité urbaine passe par un ensemble de solutions comme le réaménagement urbain, l'augmentation de l'offre de transport collectif, et des solutions technologiques.

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Le Soleil

Malgré les problèmes de la circulation et l'augmentation toujours croissante du parc automobile, on doit constater que les gens de Québec ne sont pas encore prêts à renoncer à la liberté que leur procure leur véhicule.

Cependant, bien que l'avenir de la mobilité passe inévitablement par une série de mesures comme une augmentation de l'offre du transport collectif et le réaménagement des zones urbaines, il existe d'autres moyens technologiques permettant d'obtenir des résultats à court terme.

Présentement, il existe des applications technologies dites de «transports intelligents» permettant d'améliorer de façon rapide et efficace la mobilité des biens et des personnes et qui sont déjà déployées et utilisées partout dans le monde. En voici quelques exemples :

• Un système intelligent permet de gérer les intersections en changeant dynamiquement la durée des feux en fonction du flux de trafic, de la présence des piétons et celle des cyclistes.

• On évalue que dans certaines grandes villes, plus de 40 % des problèmes de congestion sont causés par de personnes qui cherchent une place où stationner. Une gestion intégrée des places de stationnement dans la ville permet de réduire considérablement le temps pris par les automobilistes pour chercher les places libres.

• Les systèmes de communication véhicule à véhicule ou route à véhicule ont le potentiel d'assurer une plus grande sécurité des citoyens sur les routes en indiquant aux autres usagers par exemple, si un véhicule brûle un feu rouge à une intersection ou roule en sens inverse sur la route.

• Finalement, les technologies de véhicules autonomes c'est-à-dire des véhicules sans chauffeur permettraient de desservir des quartiers à plus faible achalandage, à moindres coûts.

Ce que je viens de vous énoncer n'est que quelques exemples d'applications des technologies afin d'améliorer la mobilité. Évidemment afin de réaliser ces applications on doit d'abord construire une infrastructure numérique permettant de mesurer l'état du trafic en temps réel et de fournir cette information aux usagers de la route. Cette infrastructure servirait de «troisième lien» numérique entre les applications et les usagers de la route.

Ce type d'infrastructure comprend un réseau de senseurs routiers, des caméras, des stations météo, des réseaux de communication par fibre optique ou sans-fil et des réseaux de serveur informatiques permettant de traiter toutes ces données. Les données générées par cette infrastructure sont généralement accessibles aux entreprises et aux organismes qui développent les nombreuses applications.

Évidemment la ville de Québec a déjà réalisé l'intégration de certaines de ces applications. L'idée proposée ici n'est pas seulement d'encourager le déploiement de nouvelles applications, mais d'aller au-delà en proposant de développer une véritable «troisième lien» numérique pour les transports qui soit à la fine pointe de la technologie qui soit publique et ouverte.

Beaucoup d'entreprises à forte capitalisation comme Google, Uber, Apple, Intel, Tesla, BMW et la plupart des grands constructeurs automobiles ont déjà amorcé le virage technologique en investissant des milliards $ dans les technologies de transport intelligents. Il faut que la ville de Québec puisse offrir une infrastructure numérique publique et ouverte afin d'attirer ces entreprises et en faire profiter ses citoyens.

À mon avis, le succès d'une stratégie de développement de cette infrastructure numérique pour les transports passe par les facteurs clés suivants :

Premièrement, il faut mettre en commun l'expertise que les entreprises et les villes ont développée au fils des ans et cesser de développer en silo, afin d'accélérer l'implantation des solutions mises de l'avant et ainsi faire bénéficier les usagers de la route.

Deuxièmement, afin d'augmenter nos chances d'appropriation et d'acceptation des technologies par tous, il est primordial que ces données soient gérées et offertes gratuitement par l'État et non à profit par l'entreprise privée comme c'est le cas présentement, afin de s'assurer qu'elles bénéficient à l'ensemble des citoyens.

Finalement, il est essentiel de définir une stratégie qui ne s'applique pas seulement à la ville de Québec, mais bien au niveau régional, car le réseau routier est un système complexe qui ne connaît pas de frontières.

Il faut également s'assurer d'un financement adéquat de ce projet et allouer les ressources suffisantes afin d'assurer l'intégration des solutions à court et moyen terme. Il existe de nombreux programmes de financement provinciaux et fédéraux qui pourraient être mis à contribution, incluant le nouveau fond d'infrastructure de gouvernement fédéral.

Ce qui est proposé ici se résume essentiellement à ceci : la résolution du problème de la mobilité urbaine passe par un ensemble de solutions comme le réaménagement urbain, l'augmentation de l'offre de transport collectif, et des solutions technologiques. À mon avis, le développement d'une infrastructure numérique s'appliquant au domaine des transports qui serait publique et ouverte, ferait bénéficier les citoyens, la ville et les entreprises de la région.

Denis Boulanger, Ph.D., Québec 




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