Le maire Labeaume a raison

L'écrivaine Djemila Benhabib est en accord avec les... (Photothèque Le Nouvelliste, Sylvain Mayer)

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L'écrivaine Djemila Benhabib est en accord avec les propos tenus cette semaine par le maire de Québec, Régis Labeaume.

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Point de vue
Le Soleil

(Québec) Le maire de Québec, Régis Labeaume, a imputé à l'inaction de notre classe politique la dégradation de notre climat social. Il a tout à fait raison. Parce qu'en politique, ce qui compte, c'est agir.

À contrario, placer une société dans un état de blocage permanent, la contraindre à la somnolence chronique comme le font les libéraux depuis une quinzaine d'années, dans le dossier de la laïcité par exemple, c'est la condamner à l'impuissance, c'est-à-dire à l'échec. C'est précisément ce que refusent les Québécois dans leur grande majorité. Ils attendent que l'État incarne nos valeurs communes, trace une frontière claire entre le politique et le religieux et ne cède d'aucune façon aux pressions des intégristes. Or, le gouvernement actuel est engagé dans un mouvement inverse, qui prend la forme d'une guerre d'usure, à contre-courant de notre histoire et de nos idéaux démocratiques.

Les libéraux misent sur notre lassitude. En effet, chaque jour, les Québécois sont gagnés par une espèce de fatigue et un terrible sentiment d'impuissance face à des sujets érigés en tabous : les accommodements religieux, la laïcité, l'immigration et la langue. Le déni permanent de notre québécitude, conjugué à la québécophobie ambiante, devenue l'étalon de mesure de l'ouverture à l'autre, crée de l'insécurité culturelle. Et c'est précisément cette conjoncture qui est terriblement dangereuse.

Lorsque des problèmes de cette nature s'accentuent dans une société sans pour autant que des solutions viables soient envisagées (laissez faire le pitoyable projet de loi 62), que le sentiment d'abandon s'installe et se confirme, de nouvelles forces prennent racine aux extrémités de l'échiquier politique. Leur message est sans ambiguïté. Vous êtes incapables de régler les choses. Vous n'êtes pas en mesure d'envisager des perspectives. Nous allons le faire. Mais à notre manière. C'est là où tous les dérapages sont possibles. Nous en avons été témoins, dimanche dernier, lors d'une manifestation et d'une contre-manifestation organisées à Québec où la violence a été utilisée pour brutaliser des manifestants et intimider des médias. La violence, c'est toujours la pire des postures. Je l'affirme en connaissance de cause.

La lâcheté, le clientélisme et le manque de vision ont fait le lit des extrêmes. De toutes les formations politiques, le PLQ, au pouvoir presque sans interruption depuis 2001, est le parti qui a le plus contribué au pourrissement de la situation. Car il nous a non seulement placés dans une situation d'impuissance, mais, plus encore, il veut nous contraindre au silence. C'est l'intention qui se dégage derrière l'instauration de cette commission sur le soi-disant «racisme systémique». Acculé au silence et à l'impuissance, que restera-t-il au peuple québécois? Le maire de Québec a brisé cette omerta. Je salue son courage.

Djemila Benhabib, écrivaine, Trois-Rivières




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