La Meute: une véritable mascarade

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Un manifestant porte un t-shirt avec le logo du groupe La Meute.

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Le Soleil

L'argument de l'immigration illégale est une façade de légitimation. Les manifestations sont rarement dirigées contre ce qui est déjà illégal. La motivation n'y est pas. La corruption est illégale. Les gens vont manifester contre des politiciens qu'ils jugent corrompus, contre une administration qu'ils voient gangrenée par la corruption. Le viol est illégal. Les gens vont manifester contre les mentalités et comportements qui banalisent l'acte ou qui nuisent à sa dénonciation.

Manifester directement contre une chose déjà interdite est un enfoncement clair d'une porte bien ouverte, une évidente perte de temps. La source de motivation est donc autre. La Meute est fondée sur la prémisse paranoïde voulant que notre société tombe présentement sous le contrôle des islamistes. Il ne s'agit pas de l'amicale des lapins amoureux de la conformité légale. Le prétexte de cette manoeuvre est l'arrivée spectaculaire de ressortissants haïtiens, comme quoi la lutte à l'islamisme se fait selon d'étranges priorités.

Si le louveteau est un gentil petit scout, le loup représente quant à lui le prédateur. Il est un symbole entre autres prisé par les gangs et l'extrême droite. Une meute est une force hiérarchisée et intimidante. Il ne s'agit pas d'un référent logique pour ce qui serait un acteur normal de la société civile épris de liberté et d'égalité. Ce bellicisme trouve son sens au front militaire, dans la lutte révolutionnaire, dans le crime, dans la marge ou même dans les arts et le divertissement. Il est plutôt déphasé dans un rassemblement citoyen au nom des acquis de la démocratie libérale.

Le témoignage de Suzanne Tessier, une vétérante de la société civile tombée dans le piège de La Meute, fait état d'un groupe mené par autoritarisme, sans vraie place à la libre expression, avec une obsession pour la sécurité, et de la paranoïa de Corvus, le fondateur démissionnaire. Corvus se dit lui-même atteint de stress post-traumatique causé par son expérience en Afghanistan. La Meute serait donc cette rencontre entre nazillons et militaires non revenus du front afghan et qui pensent encore lutter contre les talibans. La surveillance et la censure qui aurait lieu au sein de cette organisation s'agencent bien avec la «marche silencieuse» de dimanche. Les pièces du casse-tête donnent un exercice cryptofasciste. Ce n'est pas de la bien-pensance ou de la censure gauchisante, mais bien de la simple logique.

Antoine Desgagnés, Charlesbourg




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