Un État avec ou sans frontières?

Quelques centaines de manifestants se sont réunis dimanche... (Archives La Presse canadienne, Graham Hughes)

Agrandir

Quelques centaines de manifestants se sont réunis dimanche devant le Stade olympique, brandissant des pancartes souhaitant la bienvenue aux migrants haïtiens.

Archives La Presse canadienne, Graham Hughes

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

(Québec) Lettre à Jaggi Singh,

Je suis la madame-aux-pancartes multicolores que tu as croisée à quelques reprises lors de manifs. Dimanche matin 6 août, j'ai hésité : allais-je me joindre à Solidarité sans frontières près du Stade olympique? Finalement, j'ai renoncé.

Si tu savais le malaise que j'éprouve face à ce qu'on pourrait appeler la crise des migrants haïtiens. Si je me pose la question suivante, être à leur place, voudrais-je retourner à Haïti? La réponse est non. Cela même si deux représentants de ma terre natale tentaient timidement de me rassurer sur l'avenir du pays que j'ai abandonné.

Mais, vois-tu, Jaggi, je fais quand même la différence entre les demandeurs d'asile haïtiens et les réfugiés syriens qui fuient la guerre, cette communauté à laquelle je me suis jointe à différentes occasions afin de lui témoigner ma solidarité.

Je crois saisir que chaque drame que vit l'humain est le plus grave à ses yeux. Toutefois, comme beaucoup d'autres, en ce moment, au Québec, je me questionne à savoir s'il n'aurait pas été mieux que plusieurs de ces ressortissants fassent une demande officielle afin d'immigrer au Canada. Je ne peux m'enlever de l'esprit l'horreur que ces êtres risquent de vivre si leur demande de statut de réfugié est refusée et qu'on les retourne dans leur pays.

Tu vis dans un État où tout va mal, un séisme surgit, tu émigres vers les États-Unis, ton quotidien est loin d'être rose, surtout avec l'arrivée au pouvoir d'un individu nommé Trump. Puis, le coeur rempli d'espoir, peut-être aussi victime de désinformation, tu entames un nouveau chapitre de ton existence au Canada. Mais, un jour, les autorités t'annoncent que, finalement, ton destin qui te semble tragique, eh bien, il n'est pas si tragique que ça, du moins selon de froids critères administratifs, et qu'il te faut malheureusement retourner dans ton pays. Tu ne trouves pas que cette situation est cruelle?

J'ai entendu plusieurs de tes discours, Jaggi, où tu nous demandes d'ouvrir les frontières. Alors vaut-il mieux les faire sauter, ces maudites frontières? Cependant, un État sans frontières, n'est-ce point une utopie?

Jaggi, on va sûrement se rencontrer à nouveau, scandant des slogans dans les rues de la métropole. Je souhaite qu'alors tu ne m'en veuilles pas trop pour ces mots...

Martine Lacroix, Montréal




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer