Les pays du G20 ont tourné le dos à l'Afrique

Selon l'auteur de cette lettre d'opinion, le dernier... (AP, Kay Nietfeld)

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Selon l'auteur de cette lettre d'opinion, le dernier G20 a montré que les 20 pays les plus riches au monde n'allaient pas s'impliquer directement pour tenter de régler la crise qui sévit en Afrique, ce qui est actuellement la plus grande crise humanitaire du 21e siècle.

AP, Kay Nietfeld

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Le Soleil

Le fait qu'Angela Merkel avait inscrit le développement de l'Afrique au menu du G20, qui s'est tenu à Hambourg voilà presque un mois, avait suscité d'importantes attentes au sujet de la prise de conscience du potentiel du continent africain dans l'économie mondiale. Dans son communiqué final, l'organisme s'engageait même pour la première fois à soutenir l'économie africaine.

La plupart des médias africains en ont pourtant fait une analyse sombre. C'est que le communiqué final montre le grand trou, certains diront le gouffre, qu'il y a entre les implications de ces pays et les besoins minimaux sur le terrain.

Le communiqué final affirmait que les membres du G20 veulent construire une forme de résilience, améliorer l'économie durable et prendre leurs responsabilités. Ils veulent le faire en augmentant le partage des gains de la globalisation et mettent de l'avant d'autres objectifs vagues. Les visées de ce groupe de pays au sujet du continent africain ont été explicitées plus en détail dans une annexe de cinq pages à la déclaration commune. Le G20 Africa Partnership présente le consensus de ces pays pour créer 1,1 million de nouveaux emplois pour les jeunes en Afrique d'ici 2022, car ces pays estiment que la croissance et le développement sont des préalables à la paix et la stabilité. 

Or, cet engagement à créer de la croissance économique durable dans des pays qui sont touchés de plein fouet par les changements climatiques, la famine et la guerre, est très fortement en deçà d'une prise en charge descente de cette situation. Oxfam a qualifié de naïve cette initiative, et la supposition que l'investissement privé aidera automatiquement les plus pauvres du continent. Le G20 laisse fondamentalement à eux-mêmes les millions d'Africains qui sont actuellement poussés à l'immigration forcée. L'absence d'action directe pour prendre en charge cette situation n'offre aucune solution à ces millions de migrants et ces centaines de milliers de morts causés par ces événements qui s'amplifieront dans le temps.

La situation n'est pas plus reluisante à long terme pour l'Afrique. L'Accord de Paris était une tentative de créer une solution juste pour amoindrir les changements climatiques qui ont plus d'impacts dans ce continent que dans tous les autres. Les Africains ne sont ni la cause historique ni les producteurs actuels du réchauffement climatique. Ils sont pourtant ceux qui en subissent déjà les pires conséquences avec les sécheresses, la désertification, les famines et les guerres qu'elles entraînent. Le fait que les États-Unis se retirent de l'accord de Paris privera le Fonds vert de 3 milliards $. Le financement de l'ONU et de ses différentes institutions a de fortes chances d'en être diminué. 

Le désengagement des dirigeants des États-Unis et le fait qu'il se réserve le droit d'aider d'autres pays dans le monde à avoir accès et à utiliser des énergies fossiles risque de créer un effet d'entraînement. La Turquie menace maintenant de ne pas ratifier cet accord. Il est révélateur que dans l'après-midi du vendredi 7 juillet, le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, aient tous les deux quitté la session sur le climat et l'énergie, un quart d'heure à peine après qu'elle ait commencé. Ils sont allés s'enfermer séparément pour un tête-à-tête de deux heures et quart. Deux des pays les plus importants pour la production de pétrole et de gaz s'éclipsaient de la session du G20 qui touchait un des principaux enjeux de cette rencontre à Hambourg.

Ce G20 a donc montré que les 20 pays les plus riches au monde n'allaient pas s'impliquer directement pour tenter de régler ce qui est actuellement la plus grande crise humanitaire du 21e siècle. 

Il est caractéristique de cette situation qu'en plus de la voix de nombreuses ONG et de certains médias africains, ce soit un religieux, le pape François, qui a eu le courage d'exprimer à haute voix les importantes et tragiques conséquences qu'allaient entraîner ces prises de position. Il se disait inquiet des alliances entre la Chine, l'Amérique, la Russie et d'autres pays pour ne pas ouvrir leurs bourses et leurs frontières face à la crise de l'immigration qui touche de nombreux pays africains.

Michel Gourd, L'Ascension-de-Patapédia




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