Transport: Québec mérite mieux que la médiocrité

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La seule option valable, c'est la redéfinition du transport à Québec qui passe inévitablement par une part accrue du transport collectif.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Le Soleil

L'ère de la démagogie extrême est commencée. Ce courant Trumpien n'épargne pas la Capitale-Nationale : aujourd'hui, on peut promettre n'importe quoi, croire n'importe quoi et trouver des porte-voix pour dire que c'est le bon sens qui s'exprime ainsi.

Ce courant fera, comme on le voit chez nos voisins, de la science une opinion parmi d'autres, des faits une alternative, évacuant au passage le sérieux et la rigueur qui devraient, pourtant, inspirer et guider quiconque aspire à diriger une ville, un pays.

Promettre d'ajouter des voies pour régler les problèmes de circulation n'est pas une bonne idée. Scientifiquement parlant, c'est du délire. On ne fait qu'augmenter l'offre pour la voiture qui se comblera rapidement pour aboutir, en bout de piste, dans un entonnoir à l'entrée de la ville qui restera là, en dépit du nombre de voies ajoutées. Le bouchon n'en sera que pire. C'est prévisible, facile à comprendre. La seule option valable, c'est la redéfinition du transport à Québec qui passe inévitablement par une part accrue du transport collectif. Il n'y a pas d'autre issue. Les options contraires conduiront Québec, à brève échéance, dans une situation similaire à Montréal. Il n'y a rien de réjouissant dans cette perspective coûteuse sur tous les plans : économique, environnemental, en termes de santé publique, etc.

Alors, pourquoi? En réalité, ce discours fait plaisir aux radio-­poubelles dont les commanditaires sont, pour plusieurs, des concessionnaires auto, des entreprises liées à cet univers. Et puis, vendre le discours de frustration est plus facile à faire que vendre celui qui exige un changement de comportement, d'habitudes. Le changement est détestable. Ce défi n'est pas relevé par ceux qui ne jurent que par les cotes d'écoute et l'attractivité de la polémique. C'est trop payant.

Ces mêmes médias-poubelles veulent également promouvoir, par exemple, l'idée que les taxes sont harassantes, que les règlements municipaux sont encombrants. C'est amusant à dire, mais faux et totalement irresponsable.

Que des médias veuillent faire de l'argent en diffusant des inepties fait partie des aléas de la démocratie. Qu'on se présente en campagne pour faire croire aux gens que c'est réaliste en est une autre. Gouverner exige de la rigueur, du sérieux, la capacité à mener sa société dans la bonne direction. Avoir de la vision, concevoir le futur tout en se servant judicieusement du présent n'est pas facile. Mais, répondre «c'est ce que le monde veut» n'est pas faire honneur à la fonction convoitée ni une bonne manière de servir. Rousseau disait que le peuple savait ce qu'il voulait, mais qu'il appartenait aux leaders de proposer les bons moyens. 

On ne fait pas de son ignorance et de son incompétence un programme électoral. On ne joue pas avec l'avenir d'une ville, d'une collectivité. La médiocrité n'est pas une option. Québec mérite beaucoup mieux que cela.

David Lemelin, Ex-candidat à la mairie, Québec




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