Manque de vision de la Ville de Lévis

La Ville de Lévis a utilisé le fleuve... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La Ville de Lévis a utilisé le fleuve Saint-Laurent et ses affluents pour construire des pistes cyclables à vocation principalement récréative, mais a-t-on pensé aux gens qui se déplacent en vélo pour des raisons utilitaires?

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Le Soleil

(Québec) Plusieurs aménagements sont à saluer dans le programme particulier d'urbanisme (PPU) du Vieux Saint-Romuald, un quartier de l'arrondissement des Chutes-de-la-Chaudière-Est, à Lévis. Toutefois, le parent pauvre du développement urbain demeure encore et toujours le transport actif à des fins utilitaires. Le PPU entré en vigueur le 15 juillet dernier s'avère tout à fait symptomatique de la vision de l'administration Lehouillier.

En parcourant le PPU, on remarque rapidement que les quelque trois pages dédiées au transport à bicyclette, dans un document en comptant 137, possèdent au pire une fonction cosmétique et, au mieux, tiennent dans une bonification de quelques kilomètres du réseau existant. 

La Ville peut bien implanter autant de marques de signalisation au sol ou sur des panneaux pour indiquer que la chaussée est partagée entre automobilistes et cyclistes, cela n'ajoute pas d'espace aux voies cyclables. Seule la construction d'une piste traversant les futurs sites du Quai du bateau et de l'anse Benson, dont les inspirations seraient le quai des Cageux à Québec et Hornsberg standpark en Suède, représente un avantage tangible pour les intérêts cyclistes. Cependant, cela ne fait que s'aligner dans la continuité d'une vision du vélo loisir bordant le fleuve. C'est bien, mais insuffisant. 

A t-on seulement pensé à des pistes cyclables permettant de désenclaver les quartiers résidentiels pour rejoindre des endroits névralgiques de la vie citoyenne et économique, tels que les écoles, les centres sportifs, les épiceries et les différents espaces commerciaux au sud du boulevard Guillaume-Couture ou à la tête des ponts? Poser la question, c'est y répondre... par la négative.

À vrai dire, cette administration n'a aucune volonté d'établir une politique incarnant une pratique active du transport utilitaire. En cette matière, elle se laisse plutôt influencer par les médias de masse et la soi-disant opinion publique, comme en a témoigné la remarquable volte-face du maire de Lévis, Gilles Lehouillier, dans le dossier du SRB. Dossier qui fait pourtant pleinement partie du PPU! Assisterions-nous à la volte-face d'une volte-face, Monsieur le maire? 

Sérieusement, plusieurs des actions envisagées dans ce PPU s'échelonnent à court ou moyen terme sur un horizon de zéro à cinq ans, et marquent du sceau de l'échec ce rendez-vous avec la pratique du déplacement actif. Mais ne désespérons pas, avec le Plan d'action triennal du réseau cyclable venant à échéance cette année, peut-être pourrons-nous espérer un autre ajout de 25 km dans les trois prochaines années... pour cette municipalité d'une superficie de 444 km2.

Julien Carrier, Lévis




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