Les automobilistes et les autres

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Le Soleil

(Québec) En réaction à la lettre ouverte «Les cyclistes et les autres» de Jacques Larose, publié le 13 juillet.

Dans son texte, l'auteur, ex-policier et expert en sureté et sécurité, s'en prend aux cyclistes. Le début ne laisse aucun doute : «Je commence à en avoir marre des cyclistes.» M. Larose condamne :

1. Les aménagements à Québec accordant plus de place aux cyclistes.

2. L'amendement récent au code routier obligeant les automobilistes à laisser aux cyclistes 1 m en milieu urbain et 1,5 m sur les voies dont la limite de vitesse est supérieure à 50 km/h.

3. La culture délinquante des cyclistes qui se croient les maîtres de la route.

En tant qu'automobiliste et cycliste, j'aimerais défendre le point de vue contraire de M. Larose. 

1. Plus de place aux vélos (et aux piétons)

Au XXe siècle, les villes ont changé par la présence massive de l'automobile. À partir des années 50, tout le monde pouvait enfin avoir son petit chez soi en banlieue et se déplacer rapidement au travail et au centre d'achat grâce à elle. Mais quelques décennies ont suffi à montrer le revers de la médaille. L'automobile a besoin de routes qui coûtent cher, que l'on doit toujours réparer et parfois élargir pour éviter la congestion toujours croissante. L'automobile, enfin, crée d'autres désagréments : elle blesse, tue, fait du bruit et contamine l'air que nous respirons tous. C'est pour cela qu'il y a un retour du balancier. Pour ne parler que du vélo, ces cyclistes qui utilisent quelques accommodements, comme ceux des rues Dalhousie et du Pont, allègent le besoin en routes et en stationnements, diminuent le bruit et la pollution et causent peu de risques aux autres. Je trouve que quelques rues sacrifiées à cette fin, c'est peu cher payé.

2. Plus de considérations pour les usagers les plus vulnérables

M. Larose trouve dangereuse cette nouvelle disposition du code de la sécurité routière demandant aux automobilistes de laisser un espace vital aux cyclistes. Pour le citer : «Comment un automobiliste peut-il, dans une zone de 90 km, dans une courbe, au croisement d'un véhicule circulant en sens contraire, faire pour freiner suffisamment et dégager une distance de 1,5 m?» Il y a quelque chose de bizarre à trouver qu'un cycliste de 100 kg (tout au plus) filant à 25 km/h soit un danger pour un automobiliste protégé par une cage d'acier d'une tonne et filant à 90 km/h. M. Larose, ex-policier, doit bien savoir que la route appartient à tous et qu'un automobiliste doit constamment être en maîtrise de son véhicule et rouler de manière responsable.

3. Des usagers de la route responsables

M. Larose accuse les cyclistes de se croire tout permis et de penser que les routes leur appartiennent. Il est certain que de nombreux cyclistes sont ainsi et je ne veux pas les défendre. Mais ce qui est loin d'être sûr, c'est que cela concerne la majorité des cyclistes. Car les cyclistes, peu importe où ils se trouvent, doivent constamment dealer avec d'autres usagers. La cohabitation se fait bien la plupart du temps. Et lorsque cela n'est pas le cas, cela n'entraîne pas les mêmes conséquences qu'un accident automobile.

Il faut dire aussi que certains automobilistes ont tendance à oublier la poutre qui est dans leur oeil. Sur la route, celui qui respecte la limite de 90 km/h est en fait celui qui ralentit les autres et les fait rager. Qu'est-ce qui est pire, un cycliste qui néglige sa propre sécurité en brûlant un stopm ou un automobiliste qui néglige la sécurité de tous en roulant trop vite? En fin de compte, j'aimerais que ces automobilistes qui n'acceptent aucun compromis voient l'intérêt d'accorder davantage de place sur les routes aux cyclistes et cessent de voir ceux-ci comme des nuisances et des ennemis : moins de routes coûteuses, moins de morts sur les routes, moins de pollution, moins de bruit, des villes plus agréables.

Ce texte est dédié à mon ami Francisco qui a perdu son frère Bernard suite à un emportiérage.

Jean-Sylvain Tremblay, Québec 




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