Le retour des invasions barbares

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Le Soleil

Avec la Révolution tranquille, au début des années 1960, le Québec est entré dans un monde nouveau. Telle l'époque de François-Xavier Garneau, de Philippe Aubert de Gaspé et de Georges-Barthélemi Faribault nous devions chercher à renouer avec notre passé, à nous affirmer, à travers notre histoire, dans une modernité qui s'ouvre vers le monde.

C'est alors que le Gouvernement Lesage crée le ministère des Affaires culturelles et les arrondissements historiques. En 1964, un décret déclare une partie de Sillery, arrondissement historique, non pas pour ses bâtiments, mais principalement pour son type d'occupation du territoire (les domaines et villas), pour ses vues exceptionnelles sur le fleuve et la rive sud de Québec. Le but est de le protéger des promoteurs immobiliers qui ont déjà entamé le territoire avec les développements du Mont-Saint-Denis et du parc Lemoine. Ce qu'il a oublié, c'est de donner les outils et modes d'emploi pour assurer la survie du site.

Depuis, aucune mise en valeur n'a été faite (et c'est de même dans la majorité des autres arrondissements historiques) et à Sillery, le site patrimonial (l'appellation qui prévaut depuis 2012) s'est rétréci comme peau de chagrin. Tout l'ouest du site est maintenant développé. Des quartiers se sont construits, puis des tours à condos. Du site d'origine, il ne reste plus qu'à peu près 30% de préserver grâce au gouvernement (Bois-de-Coulonge et Cataraqui) et aux communautés religieuses.

Mais voilà que maintenant, alors que les communautés religieuses sont en crises démographiques, leurs terrains sont vendus, morcelés. Ce qu'on nous promet n'est plus la tour à condos qui mettait des élites financières dans une tour d'ivoire. Maintenant, et c'est ce qu'on voit s'ériger ces temps-ci dans le silence des élites politiques et médiatiques, c'est un mur qui séparera les nouvelles élites économiques des pauvres gens ordinaires.

Contrairement à ce que nous avons vécu jusqu'au début des années 2000 où les vieilles fortunes s'établissaient en mécènes des arts et protecteurs de l'histoire (nos héritiers de Garneau et de Gaspé), maintenant ces nouveaux riches détruisent l'histoire sur leur passage.

Sillery avait besoin de préserver ce qui restait de son aire patrimoniale. Elle en avait besoin parce qu'elle avait été témoin d'un temps où elle était leader d'une économie qui se bâtissait. Elle avait aussi besoin, et c'est encore le cas, d'avoir des familles pour la faire respirer. Plutôt, on a choisi d'établir un mur sur les terrains de Jésus-Marie, sur la falaise de Sillery où les familles n'ont plus les moyens d'habiter.

Et pour construire le mur, les barbares, ces nouveaux riches ne se soucient pas du passé. Ils prendront l'an prochain les vues exceptionnelles sur le fleuve, les coupants aux autres. La Ville de Québec et le ministère de la Culture et des Communications ont permis à leurs amis barbares de prendre 10 % du site patrimonial de Sillery, alors qu'il n'en restait qu'à peine 30%. Dans un an, le site se limitera à deux parcs exceptionnels gouvernementaux, à deux cimetières et à un édifice et ses terrains laissés à l'abandon. La foule des barbares est aux portes de la ville... le saccage est presque terminé.

J.-Louis Vallée, Société d'histoire de Sillery




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