Nous fonçons droit dans le mur

La présence récente de David Suzuki en Gaspésie... (Archives La Presse canadienne, Chris Young)

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La présence récente de David Suzuki en Gaspésie a permis à quelques centaines de personnes de mieux comprendre l'urgence de la situation planétaire actuelle.

Archives La Presse canadienne, Chris Young

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné
Le Soleil

LE BILLET DES RÉGIONS / S'il y a un aspect de la personnalité du généticien et documentariste David Suzuki qui fait de lui un scientifique hors pair, c'est sa capacité, malgré l'immensité de son savoir, de résumer des situations complexes en mots de tous les jours, accessibles pour une grande partie de la population.

Bien des gens sont rébarbatifs à l'idée de lire des textes portant sur la science. Il est vrai que ces textes peuvent être rébarbatifs, quand ils sont trop techniques, ou lorsqu'ils ne sont pas bien vulgarisés. 

Étant donné l'importance de revêt la science dans la compréhension de ce qu'il est permis d'appeler «l'un des enjeux mondiaux de l'heure», la protection de l'environnement, la présence récente de M. Suzuki en Gaspésie a permis à quelques centaines de personnes de mieux comprendre l'urgence de la situation actuelle. À l'heure où une partie de la banquise de l'Antarctique se détache, une surface assez grande qu'il faudra modifier les cartes, une réflexion s'impose. 

L'un des concepts les plus probants démystifiés par David Suzuki consiste à comprendre l'importance des effets exponentiels des changements climatiques sur notre vie de tous les jours. 

Le mot «exponentiel» peut constituer l'un de ces thèmes rébarbatifs faisant détourner les têtes, et les esprits, vers autre chose que l'environnement. Pourtant, l'exemple du scientifique canadien est simple à comprendre. 

S'il y a deux bactéries dans une éprouvette, et que ces deux bactéries n'occupent que 3 % de l'espace ambiant, elles sont sous l'impression qu'il reste plein de place pour se reproduire, puisque 97 % de l'éprouvette est libre. Une fois reproduites, en supposant qu'elles se divisent par le centre pour procréer et qu'elles ont besoin d'un an, les bactéries occupent 6 % de l'espace de l'éprouvette. 

En continuant de se reproduire, elles occuperont 12 % de l'espace l'année suivante, puis 24 % la deuxième année, 48 % la troisième, et 96 % la quatrième. De plus, où prendront-elles la nourriture pour continuer cette croissance, considérant qu'elles sont confinées à l'éprouvette? 

C'est ainsi que David Suzuki présente la situation de la terre. Collectivement, nous n'avons pas compris comment fonctionne l'effet exponentiel que laisse sur la terre notre présent parcours de consommation, surtout quand on connaît nos ressources limitées. Au rythme actuel, nous avons besoin de trois planètes pour satisfaire les besoins des humains. Nous n'avons pas trois planètes. 

La difficulté de comprendre ces concepts vient notamment du fait que nous ne voyons pas l'impact négatif de nos habitudes de vie individuelles sur l'environnement, pas plus que nous voyons 1'effet positif des changements favorables que nous pourrions décider d'adopter, en coupant par exemple en deux ou en quatre l'utilisation de nos voitures. 

Bref, nous nous dirigeons dans le mur, en refusant de prendre les moyens de dissiper le banc de brume qui nous empêche de voir ce mur. Ce banc de brume illustre notre ignorance et l'inconfort, bien relatif, découlant des changements souhaitables d'habitude de consommation. Restons confortables maintenant, devant la possible incertitude caractérisant l'inconfort de demain! 

Il est là, le message de David Suzuki, là et dans la nécessité de regarder comment certains peuples, dont des membres des Premières nations, ont réussi à se rendre jusqu'à maintenant, en l'absence prolongée du rythme de consommation caractérisant le monde industrialisé. 

Dans certaines langues autochtones, le mot «déchet» n'existe pas, parce que tout était réutilisé. Dans les Premières nations ayant adopté l'anglais comme langue première ou seconde, on entend le mot «garbage» quand il est question de déchets.




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