Énergie éolienne: les régions veulent plus que des miettes

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La compagnie Renewable Energy Systems (RES) prévoit installer neuf éoliennes dans le secteur de Saint-Bernardin.

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

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Le Soleil

BILLET DES RÉGIONS / Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a fait étalage d'une faible connaissance en énergie éolienne mardi quand il a indiqué devant l'Assemblée nationale que des parcs éoliens destinés à exporter de l'électricité aux États-Unis pourraient être moins compétitifs s'ils étaient en partie détenus par des organismes régionaux.

Où était-il depuis six ans? Depuis 2011, des régies inter-municipales de l'énergie ont été créées, d'abord en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, puis au Bas-Saint-Laurent. Ces régies ont investi jusqu'à maintenant dans trois parcs éoliens livrant de l'énergie sur le marché québécois.

En mai, le ministre Arcand a pistonné un décret ouvrant les terres publiques à des projets de parcs éoliens destinés à l'exportation. 

À une question du député indépendant de Gaspé, Gaétan Lelièvre, lui demandant le 13 juin de modifier ce décret adopté en mai, décret qui ne force pas un promoteur de parcs éoliens à inclure un partenaire régional s'il exporte aux États-Unis, le ministre Arcand a répondu que «l'époque à laquelle on donnait à fort prix des contrats éoliens, c'est terminé».

Le ministre semble ignorer que deux des derniers parcs éoliens québécois ont été livrés ou sont en voie de l'être par le biais d'un partenariat joignant des promoteurs privés et les Régies inter-municipales de l'énergie, tant celle de la Gaspésie-les-Îles que celle du Bas-Saint-Laurent.

M. Arcand semble aussi ignorer que le prix de l'électricité venant de ces promoteurs mixtes -privés et communautaires- est compétitif. Ces régies de l'énergie, propriétés des municipalités gaspésiennes et bas-laurentiennes, obtiennent des conditions de financement similaires à celles du secteur privé.

Leur inclusion dans l'actionnariat des futurs parcs éoliens destinés à l'exportation n'est donc pas un handicap, comme M. Arcand le suggère. Cette inclusion n'influencera donc pas à la hausse de prix de l'énergie susceptible d'être vendu aux États-Unis. Cette intégration des régies inter-municipales de l'énergie aurait l'avantage de favoriser les retombées régionales de futurs parcs éoliens destinés à l'exportation, par le biais de la redistribution de profits.

Pierre Arcand n'exclut pas la participation de ces régies inter-municipales de l'énergie dans les projets d'exportation d'électricité. Toutefois, en refusant d'enchâsser leur inclusion dans le décret de mai, son gouvernement risque de répéter les erreurs ayant caractérisé pendant des générations le développement du Québec, ou son sous-développement, pourrait-on dire, c'est-à-dire l'exploitation de nos ressources naturelles au profit des grandes entreprises, avec des miettes pour les gens des régions et, collectivement, ceux des villes.

La différence entre recevoir une redevance fixe attachée à l'utilisation d'un territoire public et une participation aux profits s'établit à autant que 20 $ pour un, parfois plus, à l'avantage de l'accès aux profits. Le ministre Arcand pourrait-il nous expliquer ce qu'il trouve de mal à l'obtention d'une juste part des profits éoliens par les communautés voisines des parcs éoliens?

Un parc éolien de 150 ou 200 mégawatts destinés à l'exportation rapportera plus de 200 millions $ de profits à ses actionnaires en 20 ans, la durée minimale des contrats habituelle. En quoi le versement d'au moins 50 % de ces profits dans les poches de communautés québécoises nuirait-il à l'économie québécoise?

L'autre oubli, dans le décret de mai, c'est l'absence d'une clause de contenu québécois dans les futurs parcs destinés à exporter de l'électricité au Massachusetts, à New York ou ailleurs dans le nord-est des États-Unis. Là encore, l'État québécois fait fausse route.

C'est cette clause de contenu régional qui a permis en 2004 à des entreprises comme LM Wind Power à Gaspé et à l'usine Marmen de Matane de devenir des meneurs mondiaux dans la fabrication de pales et de tours éoliennes, respectivement.

Cette clause est loin d'en avoir fait des entreprises «assistées sociales». Elle leur a permis de s'établir. Pourquoi risquer là encore de réduire les retombées régionales? Pierre Arcand doit répondre à ces questions.




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