Le PQ et la parité: on n'est pas sorti du bois

Jean-François Lisée et Paul St-Pierre Plamondon... (La Presse, Robert Skinner)

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Jean-François Lisée et Paul St-Pierre Plamondon

La Presse, Robert Skinner

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Point de vue
Le Soleil

On comprend aisément que le fait de favoriser l'inclusion de personnes au sein d'une organisation n'est pas du tout du même ordre que d'instaurer l'obligation claire et nette de leur donner une place. Dans un tel ordre d'idées, on évoque habituellement la nécessité d'instaurer des quotas pour remédier à la discrimination sociale de groupes minoritaires.

C'est d'ailleurs ce que Paul St-Pierre-Plamondon proposait lors du Conseil national extraordinaire du Parti Québécois tenu le dimanche 11 juin dernier. Selon lui, l'issue très serrée du vote en défaveur de tels quotas a été marquée par le témoignage d'une - je dis bien une - membre du parti, personne de surcroît issue d'une minorité culturelle. Elle est en effet venue affirmer au micro qu'elle voulait être jugée selon sa compétence et non en fonction d'un quota. Selon St-Pierre-Plamondon, cette déclaration a beaucoup influencé le débat. C'est donc uniquement de cette façon très indirecte et passablement tordue qu'on a fini par entendre parler des femmes, de la place à réserver aux femmes dans le Parti québécois. 

Il relève de la plus obscure et malheureuse ironie que ce soit une femme qui nie le fait même de la discrimination sociale des femmes en déclarant qu'elle veut être jugée suivant sa compétence et non en fonction de quotas. Un des problèmes principaux de l'attitude machiste est pourtant que ceux qui la soutiennent sont incapables, non désireux, indifférents, de mauvaise foi, voire hostiles lorsque confrontés à la réalité concrète objective et démontrée de la compétence des femmes. Curieusement, ils en viennent systématiquement à la conclusion que les hommes qu'ils désirent privilégier au niveau de l'embauche ou d'une quelconque nomination à un poste d'importance sont toujours plus compétents que les femmes. Prenant leurs désirs pour la réalité, ils minimisent, refusent de reconnaître ou nient carrément la compétence des femmes dont ils écartent du revers de la main la candidature.

Dans le beau pays latin qu'est la France, où le machisme se porte encore aussi bien qu'au Québec, on a tout de même réussi à instaurer une loi qui garantit la parité homme-femme en politique. Le Parti québécois devrait certainement s'inspirer de cette règle d'équité. 

Or, il n'a pas cru bon de proposer quoi que ce soit à cet effet lors de son conseil national qui n'a eu d'extraordinaire que cette omission éloquente.

Ginette Pelland, Philosophe et essayiste, Montréal




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