Québec, créancier du Canada, otage de la fédération

Pourquoi le premier ministre Philippe Couillard considère-t-il que... (Archives La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Pourquoi le premier ministre Philippe Couillard considère-t-il que l'indépendance du Québec serait catastrophique?

Archives La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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Point de vue
Le Soleil

(Québec) «Souveraineté : Couillard prédit 10 ans de catastrophes pour le Québec.» C'est le titre de l'article de la Presse canadienne, qui relaie les propos de monsieur Couillard en réponse à une question de Gabriel Nadeau-Dubois, lors de sa première intervention à l'Assemblée nationale à titre de député de Gouin, sur la capacité du Québec de réaliser l'indépendance. Le premier ministre hausse la mise avec le double des «cinq années de turbulences» de Pauline Marois. Cette dernière faisait probablement allusion aux ajustements complexes que devraient effectuer deux partenaires de bonne volonté après un changement aussi radical.

Soulignons d'abord que la fédération canadienne a adopté une nouvelle constitution contre la volonté d'un de ses États fédérés. Je ne sais pas si c'est un cas unique dans le monde des fédérations, mais il faut reconnaître que l'État fédéral peut fonctionner sans sombrer dans la misère malgré une amputation constitutionnelle. Il a même pu prospérer pendant 150 ans malgré l'absence de bail valide signé avec les propriétaires originaux du territoire qu'il a transformés en locataires indésirables. Alors, pourquoi l'indépendance du Québec serait-elle si catastrophique?

Je propose deux hypothèses, qui pourraient être toutes les deux valables. La première, c'est que le Québec, d'abord créancier du Haut-Canada, a été peu à peu marginalisé dans le grand projet de l'Amérique du Nord britannique et transformé en bénéficiaire d'aide sociale. Étant donné sa situation, il ne pourrait évidemment pas subsister par ses propres moyens s'il se coupait lui-même les vivres. La seconde, le Québec est un otage de la fédération canadienne qui réagira très durement en cas d'indépendance: inflexibilité quant au partage de la dette, campagnes de boycottage, blocus économique, naval et aérien, intervention de l'armée pour «protéger» des minorités, etc.

Voici les deux questions que je me pose à ce sujet : d'abord, si le Québec n'est pas un assisté social ou un otage, consentant ou non, quelle serait la cause des tourments dans lesquels le plongerait l'indépendance? Ensuite, comment, d'une part, la Suède et la Norvège au début du XXe siècle et, d'autre part, la République tchèque et la Slovaquie à la fin du XXe siècle, des États du monde occidental comme le Québec et l'État fédéral canadien, ont réussi à éviter l'écueil des 10 années catastrophiques qui auraient dû suivre leur transformation en quatre États indépendants après avoir vécu au sein d'une même structure politique?

Pierre Lincourt, Montréal




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