Oui, on peut prévenir la maltraitance des enfants

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Le Québec en sait assez «pour agir dès maintenant dans le but de prévenir la maltraitance des jeunes enfants», souligne l'auteur.

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Le Soleil

L'Observatoire des tout-petits nous alerte cette semaine à propos de la maltraitance des jeunes enfants. L'an dernier, les directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) ont reçu 7700 signalements pour de telles situations concernant des enfants de zéro à cinq ans. On parle ici de signalements jugés fondés après une évaluation approfondie de la DPJ, donc de réels cas de négligence et d'abus vécus par les plus vulnérables de notre société. Plus inquiétant encore, ces signalements ont fait un bond de 27 % en 10 ans.

On peut se désoler pour ces bambins, se dire qu'ils n'ont vraiment pas de chance d'être tombés sur des parents pareils, et se réjouir que la DJP s'en occupe. On peut facilement éviter de se sentir concerné par cette réalité qui nous apparaît bien rebutante et loin de nous. La prochaine fois que les médias dénonceront le cas d'un enfant sévèrement négligé ou violenté, on s'indignera, bien sûr, le temps de blâmer les parents ou la DPJ qui a failli à la tâche... puis on regardera ailleurs.

Ou alors, on peut se demander pourquoi. Pourquoi donc, au Québec, en 2017, avec tous nos programmes sociaux, avec tout notre savoir-faire auprès des familles vulnérables, les DPJ reçoivent-elles chaque jour 20 signalements jugés fondés de tout-petits maltraités? Et pourquoi ce chiffre a-t-il augmenté au cours des dernières années? Nous ne possédons pas toutes les réponses à ces questions. Mais nous en savons assez pour agir dès maintenant dans le but de prévenir la maltraitance des jeunes enfants. 

Renforçons nos mesures d'appui financier aux jeunes familles dans le besoin. Assurons-leur l'accès au logement, à de la nourriture de qualité et à des environnements de vie sains et sécuritaires. Aidons les parents à concilier les exigences du travail à celles de la vie familiale. Rendons le plus accessible possible des services éducatifs de qualité à la petite enfance. Formons nos intervenants à offrir aux familles les meilleurs services possibles par l'entremise d'outils et de programmes éprouvés. Exigeons un amendement du Code criminel pour bannir la punition corporelle des enfants. Appuyons ces mesures par des campagnes médiatiques qui valorisent le rôle parental et qui font la promotion des pratiques parentales positives.

Au Québec, la plupart de ces mesures existent déjà. Elles ne demandent qu'à être renforcées et bien arrimées les unes aux autres afin de créer un environnement global favorable aux jeunes familles. Nous pouvons compter parmi les sociétés qui traitent le mieux au monde leurs tout-petits. J'en appelle à tous nos leaders pour réaliser cette vision mobilisatrice.

Marie-Hélène Gagné, titulaire de la Chaire de partenariat en prévention de la maltraitance de l'Université Laval




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