Québec solidaire doit pratiquer ce qu'il prêche

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Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-paroles de Québec solidaire

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Le Soleil

(Québec) «La démocratie participative doit également faire l'objet d'un grand ménage pour faire davantage place à la transparence, à l'imputabilité et à l'intégrité». Cette citation est tirée de la Déclaration adoptée par le Congrès de fondation de Québec solidaire en février 2006.

Dans les principes retenus par la formation politique se trouve la démocratie dont l'une des composantes est la transparence. D'ailleurs, Québec solidaire a, à de nombreuses reprises, critiqué le manque de transparence du parti libéral notamment en ce qui concerne le domaine de l'énergie. Mais qu'est-ce que la transparence? Selon une définition du Larousse, la transparence est la «parfaite accessibilité de l'information dans les domaines qui regardent l'opinion publique». 

Il est donc étonnant d'apprendre que les dirigeants de Québec solidaire ont volontairement caché la conclusion d'une entente entre tous les partis souverainistes à leurs membres. Le fait que Manon Massé affirme que la révélation d'une telle information n'aurait rien changé aux résultats du Congrès ayant comme principal sujet la convergence avec le Parti Québécois semble un peu paternaliste. En effet, les délégués auraient dû avoir accès à toute l'information avant de consentir à quelconque choix. En vertu de l'article 10 du Code civil du Québec, le consentement ne peut être valide que s'il est libre et éclairé. 

Avant de se dire éclairée, une personne doit obtenir toutes les informations nécessaires afin de prendre une décision pour être en mesure de déterminer les avantages, inconvénients et conséquences de son choix. En retenant volontairement une information, les dirigeants de Québec solidaire ont empêché les délégués à consentir valablement. Pour un parti reprochant à ses opposants de ne pas être transparents, Québec solidaire semble démontrer qu'il est lui aussi sélectif quant au moment où la transparence doit s'appliquer.

Enfin, Québec solidaire est paradoxal à un autre niveau. Sur la page du parti dédiée au Congrès s'étant déroulé au cours de la fin de semaine du 19 au 22 mai 2017, on retrouve les indications suivantes : «Toutes les personnes membres de Québec solidaire peuvent s'inscrire pour assister aux instances nationales du parti. Cependant, pour participer activement aux prises de décisions et avoir un droit de vote, vous devez être élu ou nommé délégué par les membres de votre association locale ou régionale.» 

C'est donc dire que seuls quelques membres ont eu la possibilité de voter au sujet de l'avenir du parti. Or,  Québec solidaire milite ardemment afin de changer le système de scrutin se trouvant au Québec pour qu'il devienne proportionnel. La raison est que de cette manière chaque votre compterait réellement. Cela amène à se poser la question suivante : est-il crédible pour un parti utilisant le vote par délégué de militer pour un mode de scrutin proportionnel?

Le Congrès de Québec solidaire a été le siège de plusieurs décisions, mais provoque plusieurs réflexions sur la capacité du parti à faire de la politique autrement.

Laurie Costa, maîtrise en études internationales, HEI, Québec




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