La solidarité sociale, la dignité humaine aussi

Marc-Alexandre Gaudreau, accompagné de sa compagone, Marilyne Samson,... (La Voix de l'Est, Christophe Boisseau-Dion)

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Marc-Alexandre Gaudreau, accompagné de sa compagone, Marilyne Samson, et de leur fils, Jean-Philippe

La Voix de l'Est, Christophe Boisseau-Dion

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Le Soleil

(Québec) En tant que porte-parole de l'opposition officielle en matière de lutte contre la pauvreté et de solidarité sociale, j'ai été interpellé par la malheureuse histoire de Marc-Alexandre Gaudreau, un jeune homme dans la vingtaine atteint d'un cancer du cerveau et dont les prestations de solidarité sociale ont été révoquées en raison de sa situation maritale.

Marc-Alexandre est très apprécié par sa famille et ses proches. À 19 ans, on lui diagnostique deux tumeurs au cerveau de grade 2. Malgré cette nouvelle, il obtient son diplôme collégial et commence à travailler. Mais peu à peu, sa vie bascule. 

Il subit une biopsie qui révèle un mal en progression. La fréquence des convulsions causées par une lésion au cerveau augmente, et tout cela entraîne une perte de motricité de son bras droit. Depuis, son médecin lui a reconnu une contrainte sévère à l'emploi et Marc-Alexandre a pu bénéficier de la solidarité sociale. Malheureusement, on lui a retiré l'aide financière à laquelle il a droit, dès qu'il a décidé d'emménager avec sa conjointe, devenue également la mère de son enfant.

Cette situation est totalement injuste. Jamais ce jeune citoyen n'a pu suffisamment travailler dans sa vie pour obtenir de bonnes assurances ou pour cotiser au Régime de rentes du Québec afin d'être admissible à la rente d'invalidité. Il est entré dans la vie adulte avec un diagnostic de cancer, sans avoir eu la chance de se construire un coussin financier. Il se sent comme un fardeau pour sa famille. Sa conjointe, avec son maigre salaire, doit couvrir l'ensemble des besoins familiaux, y compris les médicaments. Démarrer dans la vie de cette manière me semble inadmissible! Comble de l'absurde, s'il habitait avec n'importe qui d'autre en colocation, il aurait droit à cette aide financière. 

Après avoir parlé avec la mère de Marc-Alexandre, j'ai fait appel au pouvoir discrétionnaire du ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, M. François Blais, pour donner un peu d'espoir et de dignité humaine à ce jeune père de famille. Après un branle bas dans le cabinet du ministre pour tenter de trouver de nouvelles sources d'aide financière pour Marc-Alexandre, on est malheureusement retombés à la case départ. 

L'article 49 de la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles  prévoit que le ministre peut accorder une aide financière aux personnes non admissibles, si celles-ci sont dans une situation risquant de compromettre leur santé ou leur sécurité ou de les amener au dénuement total. Mais malgré des tentatives honnêtes du ministre pour trouver des solutions, il me répond finalement que la loi, c'est la loi. Et c'est ça qui est ça. 

Les cris du coeur et les appels à l'aide que nous a lancés Marc-Alexandre sont tout à fait légitimes... Mais on nous rappelle que l'aide sociale est une aide «de dernier recours». Or, comment peut-il y avoir un «dernier» recours, alors que pour ces personnes, c'est le seul recours qu'elles n'auront jamais?

Marc-Alexandre est aux prises avec une contrainte sévère. Et tout ce qu'on fait pour lui, c'est enfoncer sa famille dans la pauvreté. Le système semble incapable d'humanité. Marc-Alexandre écrit : «Je suis réduit à quêter de tous côtés. Je ne peux plus contribuer ni dans mon couple, ni dans la société. Je suis ZÉRO. À quoi bon livrer le combat contre le cancer et vouloir vivre?» Quand je lis ces mots, j'ai des mottons qui me bloquent la gorge.

Attendu depuis plusieurs mois, le dépôt du prochain plan de lutte contre la pauvreté a encore une fois été reporté par le ministre. Il est prévu à l'automne. Je me demande si ce plan allégera réellement l'application d'une loi souvent contraignante, ou s'il s'inscrira dans le même créneau que le fameux projet de loi 70, décrié par tous parce que construit sur une multitude de préjugés. Relèvera-t-il le défi d'une intervention plus solidaire et plus humaine, ou ne fera-t-il qu'alourdir les procédures administratives?

Mon rôle de député, au-delà de toute partisanerie et de tout calcul politique, est de défendre les femmes et les hommes comme Marc-Alexandre. Malgré ce sentiment d'impuissance qui me saisit parfois, il faut continuer à se battre. Merci, Marc-Alexandre, de continuer le combat. Pour toi et ta famille, certes, mais également pour toutes celles et tous ceux qui se retrouvent dans la même situation injuste. 

Harold LeBel, député de Rimouski, porte-parole de l'opposition officielle en matière de lutte contre la pauvreté et de solidarité sociale




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