Unissons-nous pour réformer le mode de scrutin

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Rita de Santis, ministre de la Réforme des institutions démocratiques

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Point de vue
Le Soleil

(Québec) Monsieur Joseph Facal lançait la semaine passée l'idée d'une stratégie où les partis de l'opposition s'uniraient dans un front commun aux élections de 2018 pour changer le mode de scrutin au Québec.

Au Québec, voilà plus de 50 ans que ce projet politique fait surface régulièrement. Les uns après les autres, les partis politiques se sont engagés à cet égard pour se désengager par la suite. Celui qui a été le plus loin en 2006 et 2007 est le Parti libéral qui avait rédigé un avant-projet de loi, consulté les citoyens et demandé au Directeur général des élections de l'époque d'analyser l'implantation d'un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire pour le Québec. Finalement, le Parti libéral n'a pas eu le courage de ses ambitions politiques et a enterré ce projet. Et pourtant la population du Québec souhaite une réforme du mode de scrutin. Toutes les consultations en font foi dont un sondage CROP 2015 où 70 % du peuple Québécois serait favorable à l'adoption d'un mode de scrutin proportionnel pour «avoir des gouvernements qui représentent mieux la diversité des points de vue». 

Le Québec est en ce moment dans une conjoncture sans précédent. Le 7 décembre dernier, tous les partis de l'opposition du Québec ont signé une entente à l'Assemblée nationale pour transformer le mode de scrutin. Cependant, le gouvernement libéral résiste à l'invitation de se joindre à cette alliance pour réaliser cette réforme pour le bien commun des citoyennes et citoyens du Québec. Madame Rita de Santis, ministre de la Réforme des institutions démocratiques, croit que le mode de scrutin actuel «nous» sert bien...

Peut-on enfin travailler de manière non partisane pour réformer cette institution qui de toute évidence enferme la volonté de la majorité de décider de politiques qui font consensus au Québec? Notre démocratie est malade, nous avons perdu confiance dans nos représentants politiques, ce mode de scrutin majoritaire est infect comme celui de la France et des États-Unis. 

Sans égard pour la partisanerie, j'ai un haut-le-coeur en constatant que le Parti libéral se trouve au pouvoir avec 41,5 % des votes et 56 % des sièges et 100 % du pouvoir. Ce mode de scrutin ne correspond plus aux valeurs de notre société qui souhaite plus de coopération en politique et moins d'affrontement. Je souhaite que cet enjeu soit au coeur des élections de 2018 pour qu'enfin nous ayons des gouvernements qui représentent les votes de chacune et chacun. Ce n'est que justice!

Marie-Claude Bertrand, Montréal




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