Une rose polonaise réfugiée au Canada

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Le Soleil

À l'occasion de la fête des Mères, je veux surtout rendre hommage à ma maman polonaise afin de saluer son courage et sa résilience.

C'est à titre de réfugiée qu'elle est arrivée au Canada après la Deuxième Guerre mondiale. Elle était enceinte. Donc, nous étions soudées l'une à l'autre à la vie, à la mort. Apparemment, elle venait de passer cinq ans en Allemagne, ce qui veut dire que pendant la guerre elle y résidait.

Aujourd'hui, le sang de maman polonaise circule toujours dans mes veines, celles de mes trois enfants et de mes quatre petits-enfants. Mon jardin polonais de vie contient les plus belles roses de la planète. Il est rempli de nostalgie, d'attentes et de rêves.  

Mais, tous mes descendants qui proviennent de cette magnifique rose née en territoire polonais n'ont pas de véritable identité d'origine parce que j'ai été adoptée. Depuis 25 ans, je n'ai cessé de chercher cette identité avec intensité, mais sans succès.

J'ai toujours cultivé mes fleurs polonaises avec amour, reconnaissance et dignité. Très souvent, je vais cueillir les plus beaux bisous du monde de mes roses les plus récentes. Sans compter les câlins si doux qui me rappellent mes bonheurs de maman. C'est avec joie, que je vois grandir mes roses printanières. Je m'arrête souvent pour apprécier la complicité et contempler la maturité de mes roses les plus âgées.

Tout cela pour vous dire très sincèrement que la mère qui donne la vie laisse toujours un parfum d'origine à son enfant. Son enfant qui sera adopté donnera la vie à son tour. Il laissera lui aussi à son enfant le parfum de sa mère et le sien. Tous ses descendants rechercheront toujours l'odeur de ce délicat parfum des vraies origines.

Avant de fermer les yeux pour toujours, je souhaite vivement retrouver la plus belle rose qui m'a permis d'exister et la transplanter dans le jardin de mon coeur. C'est ainsi que la rose slave trop longtemps inconnue prendra sa place dans le jardin de mes amours. Elle retrouvera sa vérité, sa dignité et sa véritable identité. C'est ainsi que je laisserai en héritage mon vrai nom polonais, et l'histoire d'une réfugiée qui méritait d'être connue et reconnue par tous les siens. Bonne fête des Mères à toutes les mamans du monde.

Enfant d'une réfugiée à la recherche de la plus belle rose polonaise: ma maman de naissance, née en 1923 et décédée en 2007, et aussi, à la quête de ma fratrie, ma famille, mon histoire et ma généalogie.

Monsieur le premier ministre Couillard, je vous demande de jeter un regard humain et de tendresse sur mon dossier d'adoption, et je vous demande de voter rapidement le Projet de loi 113. Merci.

Diane Poitras, Lévis




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