Le potentiel énergétique négligé du bâtiment

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La voie est tracée pour que le Québec s'illustre dans le domaine des véhicules électriques: il y a la loi, les cibles, les fonds. La loi 104 force les constructeurs à vendre plus de véhicules électriques ou hybrides; les cibles audacieuses visent l'ajout de 100 000 voitures électriques sur les routes d'ici 2020 et la diminution de 150 000 tonnes des émissions GES dues au transport; les subventions encouragent l'achat et la construction de véhicules électriques. On veut que le Québec roule vert et tout est là pour qu'il remporte cette course.

Pourquoi ne se mobilise-t-on pas de façon aussi significative pour les bâtiments, un secteur qui représente 30 % de l'énergie consommée au Québec? D'autant plus que la volonté de diminuer la consommation énergétique de ce secteur est clairement exprimée dans la Politique énergétique 2030 du gouvernement.

À elle seule, la facture énergétique annuelle des édifices commerciaux et institutionnels atteint 4 milliards $. Étant donné leur nombre et leur période de construction - un temps où la performance énergétique n'était pas une préoccupation - ces bâtiments présentent un énorme potentiel d'amélioration. Et le Québec a tout pour gagner cette course-là aussi.

Le mécanisme, nous l'avons. Il s'agit de l'article 27 du Règlement sur les contrats de travaux de construction des organismes publics. Cet article permet aux institutions publiques qui se lancent dans un projet de performance énergétique de favoriser le projet qui livrera les meilleurs résultats: réduction de la consommation d'énergie, de la facture afférente, des émissions de GES, etc. Autrement dit, préséance est donnée à la qualité du projet et non au plus bas soumissionnaire. 

En 1999, l'année où l'article 27 a été inscrit dans la loi, seuls les ministères de la Santé et de l'Éducation s'en sont saisis et ont décidé de faire de la performance énergétique de leurs bâtiments un cheval de bataille. Ça a payé! Un virage marqué s'est opéré dans de nombreux établissements de santé et écoles du Québec. À la Commission scolaire des Samares, quatre phases de travaux ont réduit la facture énergétique de 44 %. Les interventions au CHU Sainte-Justine génèrent des économies annuelles de 1 M$. Et ce ne sont que deux exemples parmi tant d'autres.

Pourquoi ne pas faire de même dans l'ensemble des bâtiments institutionnels et commerciaux? 

Des cibles audacieuses

Fixer une cible, c'est montrer où se trouve la ligne d'arrivée. Fixer une cible à la fois réaliste et ambitieuse, c'est insuffler la détermination et la fierté d'être dans le peloton de tête. 

Dans sa politique énergétique 2030, le gouvernement québécois vise une réduction de la consommation de 15 % pour les bâtiments publics par rapport au niveau de 2012. Les experts de la question affirment toutefois que des rénovations énergétiques approfondies peuvent diminuer la consommation du bâti existant de plus de 40 %. 

Quand le ministère de l'Éducation a fait de la performance énergétique une priorité, il a fixé des cibles ambitieuses et contraignantes dans le temps, et ce, pour un parc précis: les commissions scolaires. Pour la grande majorité d'entre elles, les cibles sont atteintes et les économies générées remboursent l'investissement. 

Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de financement solides pour permettre l'émergence de projets de rénovations qui incluent des améliorations énergétiques majeures. Les capitaux sont disponibles, le Fonds vert en est un bon exemple. Il serait pertinent de réinvestir les sommes qui y sont accumulées pour financer ce type de projets, sommes qui seraient remboursées à même les économies générées.

Toute la mécanique est là pour que le Québec soit dans la course pour l'amélioration énergétique de son parc immobilier: réglementation, cibles, capitaux. Mais pour faire partie du peloton de tête et atteindre la ligne d'arrivée, la mécanique en place devrait être bonifiée. À l'heure où la transition énergétique est sur toutes les lèvres, la haute performance énergétique des bâtiments existants devrait être un critère à mettre au coeur des décisions relatives à leur entretien et à leur modernisation.

André Rochette, président d'Ecosystem, Québec




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