Ottawa ville bilingue, et pourquoi pas?

Selon l'auteur, «les autorités doivent marcher sur leurs...

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Selon l'auteur, «les autorités doivent marcher sur leurs principes et donner un autre coup de barre en faisant d'Ottawa une ville officiellement bilingue imposant les contraintes nécessaires pour que les francophones reçoivent des services adéquats dans leur langue dans tous les quartiers de la ville».

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Point de vue
Le Soleil

Les propos de certains politiciens, dont le premier ministre Trudeau, à l'effet que Gatineau devrait emboiter le pas si Ottawa devenait une ville officiellement bilingue, me déconcertent.

Attachés à de beaux grands principes d'égalité et enclins à appliquer des mesures mur à mur dans tout le pays, ces gens semblent se fermer les yeux sur la réalité.

Je me rappelle l'analogie de mon ancien professeur de l'Université Laval et ancien député, Louis O'Neill, comparant la situation des anglophones et des francophones au Canada à un match de hockey où les joueurs d'une équipe jouent en patins alors que les autres jouent en bottes. Même si l'arbitre applique avec égalité les mêmes règles aux deux équipes, la seconde équipe se fera écraser à tout coup. On imagine que pour équilibrer la situation on doive réviser les règles et permettre par exemple à l'équipe des joueurs chaussés de bottes d'être plus nombreux sur la glace créant ainsi un apparente inégalité.

Les francophones du Canada sont nettement désavantagés sur la grande patinoire de l'Amérique du Nord. Un anglophone quant à lui n'a aucune difficulté à se faire servir dans sa langue en milieu francophone, particulièrement à Gatineau, étant donné que la majorité des québecois sont soit bilingues ou se débrouillent bien dans la langue seconde, bien davantage que certains candidats à la chefferie du parti conservateur du Canada. Ce n'est pas le cas des francophones dans les communautés anglophones du Canada, particulièrement à Ottawa, malgré l'adoption d'une politique de bilinguisme et les efforts faits par l'administration municipale ces dernières années.

Pour redresser une situation désavantageuse pour une population, les gouvernants n'ont souvent d'autres choix que d'adopter des lois ou des mesures contraignantes même si de l'extérieur elles peuvent paraître loufoques comme celle du président du Tadjikistan obligeant ses policiers à aller régulièrement au théâtre pour rehausser leur niveau culturel.

D'ailleurs, René Lévesque lui-même était gêné d'avoir à faire adopter la loi 101 étant donné que les citoyens, les institutions et les entreprises installés au Québec ne respectaient et n'adoptaient pas naturellement la langue d'usage des québécois comme ils auraient dû le faire et comme ça se fait dans d'autres pays.

De la même manière, les autorités doivent marcher sur leurs principes et donner un autre coup de barre en faisant d'Ottawa une ville officiellement bilingue imposant les contraintes nécessaires pour que les francophones reçoivent des services adéquats dans leur langue dans tous les quartiers de la ville. Ce geste permettait également à tous les autres francophones du pays de sentir qu'Ottawa est aussi leur capitale, la capitale bilingue d'un pays bilingue.

Benoît Bouffard, Lévis




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