SRB et désinformation

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Le 28 mars 2017, après des années d'inertie presque totale en matière de transport autre qu'autoroutier, le gouvernement du Québec a finalement vu la lumière et décidé d'investir massivement dans les transports collectifs dans son dernier budget. Ce signal fort marque enfin le début de projets de transport structurants qui amélioreront les déplacements de tout un chacun, même des automobilistes.

Il ne manque plus qu'une bonne campagne d'information de la part de l'administration municipale, du RTC et du MTMDET pour bien expliquer le projet à la population et ainsi contrer la campagne de désinformation et de mobilisation récemment annoncée par certaines stations de radio et d'autres «journalistes» mal intentionnés.

Ces derniers aiment clamer haut et fort dans leur micro que personne ne veut du SRB à Québec. Même Anne Guérette, chef de l'opposition officielle à la Ville de Québec et adepte des sorties maladroites, leur a récemment donné des munitions en souhaitant que le projet soit soumis à un référendum parce que, selon elle, il «ne fait pas assez consensus». 

Doit-on leur rappeler qu'un sondage Léger-Journal de Québec réalisé en septembre 2016 révélait un appui au SRB de 77 % à Québec et de 64 % à Lévis? Doit-on aussi leur rappeler que tant l'Institut de développement urbain que la Chambre de commerce de Québec demandaient aux élus de donner priorité au SRB déjà en septembre 2016? Doit-on finalement leur rappeler qu'en février dernier, des membres du milieu communautaire, du monde des affaires et du domaine de l'enseignement souhaitaient publiquement, dans une lettre ouverte, que la mise en oeuvre du SRB soit accélérée? 

Il faut vraiment détester la ville où l'on vit pour vouloir qu'elle reste coincée à ce point dans une époque révolue. Il faut vraiment détester son milieu de vie pour vouloir que la congestion continue de s'empirer jusqu'au point où son économie en souffrira. C'est correct d'aimer son char et de vouloir continuer de cracher des polluants dans l'air, mais la congestion (même électrique) coûte annuellement au Québec plus de trois milliards $. Est-ce vraiment ce qu'ils veulent?  

Quant au troisième lien, il est clair que si vous menez un  sondage auprès de répondants majoritairement automobilistes et que vous leur demandez s'ils préfèrent continuer de rouler (seuls) sur du bitume par un troisième lien autoroutier qui leur donnera l'illusion de fluidité des routes ou de troquer leur voiture pour un SRB qui ne leur dit pas grand-chose puisque toujours mal expliqué, ils choisiront le troisième lien autoroutier, même s'il nous coûtera presque quatre fois plus cher collectivement pour quelques années de fluidité améliorée avant un retour à la congestion. 

Encore faut-il leur dire la vérité, car selon maintes études, plus on ajoute de la capacité routière, plus la congestion augmente. L'autoroute de 26 voies au Texas est tout aussi congestionnée qu'avant, sinon plus. En fait, les villes qui ont eu le courage de carrément retirer des autoroutes n'ont remarqué aucune augmentation de la congestion (Séoul, San Francisco, Portland, Milwaukee, Seattle). 

Et si on leur expliquait que le SRB - isolé de la circulation automobile par des quais d'embarquement en site propre au centre de la chaussée, aussi confortable qu'un tramway et ayant priorité sur les voitures - leur permettrait de se déplacer beaucoup plus efficacement et rapidement au quotidien, pour beaucoup moins cher qu'un troisième lien? Surtout, combien de temps encore continuerons-nous de miser futilement et naïvement sur toujours plus de routes, toujours plus de congestion en gaspillant des milliards $? 

Foncièrement de droite et généralement pointilleux sur les dépenses publiques, ces animateurs - sans compter les députés de la CAQ - semblent soudainement préférer qu'on engouffre près de cinq milliards $ de deniers publics à construire un nouveau lien routier qui sera congestionné dans moins de 10 ans plutôt qu'à peine 1,5 milliard $ dans un projet de transport structurant qui désengorgera les routes - et qui améliorera le sort de leurs auditeurs quotidiennement coincés dans le « trafic » - pendant plusieurs décennies. 

Bruno Falardeau, Québec




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